Kézako?
Le droit rechargeable donnerait la possibilité à un chômeur de maintenir ses droits à indemnisation non utilisés même s’il retrouve un travail. Or, aujourd’hui, «vous êtes au chômage et vous avez droit à 6 mois d’indemnisation. Au bout de deux mois, vous avez une proposition d’embauche, de CDD, pour 4 mois. Vous avez alors le choix entre rester au chômage indemnisé pendant encore quatre mois, ou reprendre un emploi pour seulement quatre mois. Mais, le problème, c’est que cet emploi va vous faire perdre vos anciens droits à l’assurance chômage», a illustré Xavier Bertrand dans Challenges.
L’idée est donc, même lors d’une reprise d’activité de courte durée d’avoir «un compte avec des droits à indemnisation», selon le ministre du Travail.
Quel est son but?
Il s’agit d’inciter les chômeurs à reprendre un emploi avant la fin de leur chômage. «Ce qui est un vrai problème, c’est que notre système d’indemnisation n’encourage pas forcément et systématiquement le retour à l’emploi», a expliqué Xavier Bertrand dimanche sur les ondes d’Europe1. Il souhaite «en finir avec tout ce qui éloigne de la reprise d'activité». Son de cloche similaire du côté de la CFDT en partie à l’origine de cette mesure. «Aujourd’hui les parcours sont très hachés, cela permettrait de les sécuriser», souligne Laurent Berger, secrétaire confédéral.
Quel est son coût?
C’est la grosse inconnue. «La question du coût est très complexe. L’entrée en vigueur du droit rechargeable va-t-il ou non inciter les chômeurs à revenir sur le marché du travail?» s’interroge Gilbert Cette. Si la réponse est oui, «cela pourrait être un jeu à somme nulle», poursuit l’économiste à l’Université de Méditerranée. Si la réponse est négative, la facture pourrait grimper très vite.
Quand pourrait-elle voir le jour?
Xavier Bertrand a beau jeu de dire qu'il souhaite discuter de cette mesure avec les syndicats, à compter du 13 septembre, elle relève du champ des partenaires sociaux, soulignent en chœur le Medef et la CFDT. Un groupe de travail doit se réunir sur la question en vue de la prochaine convention sur l’assurance chômage en 2013. Du côté du patronat, on indique qu’il n’y a pas d’opposition de principe.