Unité de fabrication chez Bénéteau
Unité de fabrication chez Bénéteau - F. PERRY / AFP

ECONOMIE – Sonnés par la crise économique, frappés par la crise boursière, les fabricants français de bateaux de plaisance tentent de sortir la tête de l'eau...

Les fabricants français de bateaux de plaisance, qui ont pris la crise de plein fouet, observent des signes de reprise grâce au dynamisme de nouveaux marchés comme le Brésil, mais la prudence reste de mise après la nouvelle tempête boursière de l'été.

Difficultés en Espagne

Le secteur essuie encore «des pertes sur les zones en difficulté comme l'Espagne ou les pays scandinaves, mais le côté positif ce sont les économies en croissance qui se dotent d'équipements nautiques» comme la Chine ou le Brésil, a expliqué Jean-François Fountaine, président de la Fédération des industries nautiques (Fin), lors d'une conférence de presse.

«La pratique nautique sur la côte brésilienne est en très forte croissance» et, pour les Français, le salon de Rio en avril a été «un très, très bon» cru, a relevé Jean-François Fountaine, également président du constructeur de catamarans Fountaine Pajot.

D'autres régions comme l'Asie, l'Europe de l'Est, le Moyen-Orient ou la Turquie sont très porteuses.

Deux tiers de la production exportée

Et aujourd'hui, alors que les industriels français exportent environ les deux tiers de leur production, l'international est un véritable «enjeu», a insisté Yves Lyon-Caen, président du conseil de surveillance de Bénéteau, principal constructeur français et vice-président de la Fin.

Mais pour poursuivre sur cette voie, les industriels ont «des efforts d'adaptation à faire --sur le design notamment-- car certains marchés n'acceptent pas les produits européens spontanément», a prévenu Yves Lyon-Caen.

La reprise se fait attendre

Sur les marchés traditionnels, «la reprise se fait attendre aux Etats-Unis ou en Italie», mais l'Allemagne et la France se démarquent favorablement, note la Fin.

En France, le début de la saison 2010/2011 a été très dynamique mais l'activité s'est tassée au second semestre, a commenté Yves Lyon-Caen.

Néanmoins, les immatriculations de bateaux neufs devraient enfin repasser dans le vert, avec une hausse située entre 0 et 2% par rapport à l'année précédente, selon la Fédération. En 2009/2010, elles avaient reculé de 3,7%, et même de 17,4% en 2008/2009.

Les bateaux à moteur prisés

Dans le détail, les bateaux à moteur ont été davantage prisés (+3%) que les voiliers (-3%).

Par ailleurs, «les ventes ont été soutenues par le marché de l'occasion», a souligné Colette Certoux, directrice générale de Carene Service, spécialiste de la maintenance navale.

Les immatriculations sur le marché de l'occasion devraient progresser de 4% pour la saison. Le marché du moteur neuf (fixe et hors-bord) est quant à lui «stable», relève la fédération professionnelle.

Les deux grands salons français de la rentrée vont permettre de vérifier ces tendances alors que le marché se retrouve face à une nouvelle inconnue.

Chute des Bourses

Les dirigeants du secteur se demandent en effet si la dégringolade des marchés financiers cet été va avoir un «impact psychologique» sur les acheteurs.

Au plus fort de la récente crise, le secteur avait connu des baisses d'activité de 40 à 50%, les clients remettant à des jours meilleurs l'achat d'un bateau.

«La crise boursière mais surtout la crainte» des mesures de restriction ou de nouveaux impôts peuvent avoir une répercussion sur la clientèle, a admis Yves Lyon-Caen. Néanmoins, il est trop tôt pour le mesurer: «nous en saurons plus après les salons de septembre», a-t-il ajouté.

Le festival de la plaisance de Cannes se tiendra du 6 au 11 septembre et le Grand Pavois de La Rochelle du 14 au 19 septembre.

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