Dominique de Sauza: «Les prix ne peuvent pas baisser pour l'achat d'un logement neuf»

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Publié le 31 août 2011.

ECONOMIE - Les ventes de logements neufs ont chuté de 22,6% au deuxième trimestre en France. Et pourtant, une baisse des prix n'est pas d'actualité. Explications avec Dominique de Sauza, président de l'Union des constructeurs immobiliers (UCI-FFB)...

Comment expliquez-vous cette chute des ventes?

La chute de 21,8% des ventes de logements en immeubles collectifs est liée à la réduction de l’avantage fiscal Scellier au 1er janvier 2011 et qui sera encore amplifiée l’an prochain avec le rabotage supplémentaire des niches fiscales annoncée la semaine dernière par le gouvernement.

Quant au recul des ventes de maisons de 28,5%, elle s’explique par plusieurs facteurs. La hausse des taux d’intérêt d’une part et la hausse des prix sur le deuxième trimestre de 7,7% d’autre part. En effet, beaucoup de primo accédants ont des revenus modestes. A cela, ajoutons le moral des ménages ébranlé par la dégradation de la conjoncture. Il y a très clairement une perte de confiance dans l’acte d’acquisition.

Le mouvement de baisse va-t-il se poursuivre?

Il y a fort à parier que oui. Pour investir, l’acquéreur a besoin d’avoir foi dans l’avenir. Or, l’avenir règlementaire est incertain. Outre la baisse de l’avantage Scellier, il faut compter en 2012 sur la nouvelle taxation des plus-values immobilières. Quand l’investisseur est confronté à des règles qui changent tous les ans, il va hésiter. L’environnement actuel limite la capacité intellectuelle d’achat. De plus, l’approche de l’élection présidentielle va renforcer l’attentisme. Mais qui dit baisse de commercialisation de logements neufs dit baisse de la construction. N’oublions pas aussi que ce sont des emplois qui sont en jeu.

Les prix vont-ils enfin se détendre?

Je ne parierais pas dessus. Regardez en 2008, malgré la crise, les prix ont continué à progresser. Aujourd’hui, les prix des matières premières sont élevés et les marges des entreprises de bâtiment sont très faibles. N’oubliez pas que la construction d’un logement revient aussi plus chère avec les normes BBC (bâtiment basse consommation).

Dans ce contexte, les prix ne peuvent pas baisser. Au contraire, la baisse de la construction risque d’accentuer le phénomène de pénurie et donc de soutenir la hausse des prix.

Les gestes commerciaux seront donc limités?

Certains grands promoteurs proposent de payer les frais de notaire ou d’agencer gratuitement la cuisine, mais le phénomène reste marginal. C’est un petit coup de pouce qui de toute façon ne compensera jamais la hausse des prix.

Propos recueillis par Mathieu Bruckmüller
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