Jean-Christophe Caffet: «Il est possible de revenir très rapidement à l'équilibre budgétaire»

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Publié le 24 août 2011.

ECONOMIE – Les propositions de l'économiste chez Natixis pour lutter contre les déficits...

Mercredi, le gouvernement annoncera de nouvelles mesures pour réduire le déficit français. Faute de croissance soutenue, des économies de 10 milliards d’euros seraient prévues dès 2012, pour rassurer les investisseurs sur la dette française. Des mesures rapides et très importantes, qui vont déterminer la gestion des affaires publiques pour les mois à venir. 20minutes.fr a interrogé plusieurs économistes et dirigeants (voir au bas de l'article) sur les choix qu’ils souhaiteraient faire pour réduire les déficits. Voici les réponses  de Jean-Christophe Caffet, économiste chez Natixis.

Le gouvernement va annoncer un plan de réduction des déficits dans le cadre de son budget 2012. Si vous étiez chargé de ce plan, quel devrait-être le montant du tour de vis à réaliser?

10 milliards d’euros, c’est l’ordre de grandeur qu’il faut pour respecter les engagements européens de la France (un déficit ramené à 4,6% du PIB en 2012). En faire plus tout de suite serait dangereux dans un contexte de net ralentissement de l’activité à l’échelle mondiale.  

Quelles mesures d’économies voudriez-vous privilégier? A l’inverse, quels dispositifs souhaiteriez-vous impérativement épargner?
L’effort sur les dépenses publiques est déjà colossal (+0,8% par an en volume jusqu’en 2014 contre 2,2% en moyenne depuis 1990) et n’a jamais été réalisé par le passé. En rajouter de ce coté là poserait donc un problème de crédibilité et ne parait pas non plus souhaitable.

Côté recettes en revanche, des gisements semblent encore exploitables parmi les 65 milliards d’euros de niches fiscales. A cet égard, il nous semble qu’il faut en priorité cibler les niches les plus coûteuses et qui génèrent de forts effets d’aubaine (heures supplémentaires notamment) ou qui soutiennent les secteurs les plus abrités de la concurrence étrangère (construction, tourisme, services à la personne...). Il pourrait en résulter une économie de 20 milliards d’euros sans effets dommageables à long terme sur l’économie française.

De plus, nous avons montré qu’une réforme fiscale ambitieuse, qui relèverait le taux de taxation des revenus du capital au niveau du taux de taxation des revenus du travail, dégagerait plus de 40 milliards d’euros de recettes fiscales supplémentaires. Il est même possible de revenir très rapidement à l’équilibre budgétaire et sans grand danger pour la croissance si l’on décide de s’attaquer fermement aux plus-values immobilières et aux rentes liées à la concentration et à la transmission du patrimoine (successions...).

Le gouvernement travaille également sur des mesures de long terme sur la gestion des finances publiques, comme la règle d’or. Etes-vous d’accord avec cette mesure ? Si non, quelle solution de long-terme défendriez-vous ?

Adopter une règle d’or sur le modèle allemand, c'est-à-dire l’interdiction de faire des déficits structurels, serait d’une stupidité rare. Une règle d’or de type britannique, c'est-à-dire la possibilité pour l’Etat de s’endetter uniquement pour investir, me parait éminemment plus intelligente puisqu’elle reconnaît à l’Etat un rôle actif dans l’économie. C’est d’ailleurs tout le sens du Grand Emprunt. Cela dit, je reste sceptique quant à l’intérêt d’adopter une règle d’or, quand on pense que la France ne respectait déjà pas avant la crise des critères européens pourtant bien plus souples et supposés s’imposer au droit français. Il s‘agit en réalité principalement d’une mesure d’affichage, voire de posture.

>> Retrouvez par ici les interviews de :

 

Pierre Larrouturou, conseiller régional Europe Ecologie : «Sans toutes les baisses d'impôt accordées depuis 2000, le déficit serait seulement de 1% aujourd'hui»
 

Michel Sapin, secrétaire national à l’Économie au PS : «Mettre en oeuvre une vaste réforme fiscale qui rétablisse la progressivité de l'impôt»
 

Nicolas Bouzou, économiste chez Asterès : «S'attaquer aux niches fiscales est épuisant et inefficace»

Propos recuillis par Mathieu Bruckmüller
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Emploi

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