Total fait partie des groupes qui ont le plus bénéficié de la niche appelé Bénéfice mondial consolidé
Total fait partie des groupes qui ont le plus bénéficié de la niche appelé Bénéfice mondial consolidé - F. PERRY / AFP

M.B. et T.S.

Voilà enfin une bonne nouvelle pour le portefeuille des ménages. Les cours du brut continuent leur recul. Mercredi, à la Bourse de New York, le baril se négociait à 86,23 dollars en repli de 1,23% par rapport à la veille. Sur un mois, il a même abandonné 10,11%.

Essence et fioul sont moins chers

Conséquence: les prix de l’essence comme ceux du fioul s’allègent. Les premiers ont baissé de trois centimes la semaine dernière. Quant au fioul domestique, le litre ressort désormais à 0,855 euro, selon le dernier relevé de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), contre 0,874 euro une semaine plus tôt.

Aujourd’hui, le pétrole représente 0,47 euro du coût d’un litre de fioul. Les 38 centimes restants sont liés à la TVA, la Tipp, la marge brute de distribution et la marge brute de raffinage.

«Nous sommes actuellement à un des points bas de l’année. Au plus haut, le litre était à 0,92 euros en mars. Et la moyenne depuis le début de l’année est de 0,874 euros», souligne Olivier Gantois, délégué général de l’Ufip.

Commande groupée

Pour certains, c’est le moment ou jamais de faire le plein. «Nous avons enregistré mardi 670 commandes contre 80 en temps normal à cette époque», souligne, Philippe Rochard, responsable de Leclerc Fioul, interrogé par le Télégramme. Basé à Quimper, le groupe dessert les départements du Finistère, des Côtes-d'Armor et du Morbihan.

Et pour faire baisser encore un peu plus la facture, les clients se regroupent. «Les gens s'organisent même par quartier pour avoir un prix plus bas», souligne Philippe Rochard. 80 clients résidant près de Vannes ont ainsi passé une commande groupée de 55.000 litres au prix de 0,78 euro le litre. Ils ont obtenu une réduction de près de 10% par rapport au prix moyen.

Dilemme

A l’instar de ces consommateurs bretons, faut-il donc remplir sa cuve dès maintenant ou attendre une nouvelle détente des prix ? Le choix est cornélien. Il revient à parier sur l’évolution des cours du baril de brut.

Mais deviner l’évolution de ces cours «revient à lire dans le marre de café, puisqu’il dépend aujourd’hui directement de la croissance économique à venir ainsi que de la situation géopolitique de nombreux pays», souligne Thierry Saniez, délégué général de l’association de consommateurs CLCV.

D’un côté, l’activité patine. Morgan Stanley a abaissé jeudi ses prévisions de croissance de l'économie mondiale. La banque prévoit désormais une croissance du produit brut mondial de 3,9% en 2011, contre 4,2% auparavant, et de 3,8% en 2012 au lieu de 4,5%. En théorie, c’est une bonne nouvelle pour les consommateurs. Qui dit moins de demande, dit prix du pétrole plus faible.

Sauf que l’Opep, le cartel des pays producteurs, n’a aucun intérêt à voir les cours du brut s’affaisser encore un peu plus. En effet, l’Arabie Saoudite, premier pays exportateur, a construit son budget sur l’hypothèse d’un baril de brut à 95 dollars, rappelle Olivier Gantois. L’Opep pourrait donc fermer les vannes pour réduire l’offre et ainsi stabiliser les cours à un tarif suffisamment élevé.

«Les prix du brut peuvent évoluer dans un sens comme dans l’autre. Et la volatilité est parfois extrême. Rappelez-vous en 2008, le baril avait atteint les 140 dollars avant de plonger à 40 dollars», rappelle Olivier Gantois.

Difficile donc de savoir si c’est vraiment le meilleur moment de remplir sa cuve de fioul. «Je ne peux pas donner de conseils aux consommateurs, à part qu’il faut toujours se poser la question de la qualité de sa chaudière. Si elle est très ancienne, et probablement peu efficace, il faut envisager des solutions de remplacement», conclut Thierry Saniez.