Pourquoi l'Espagne et l'Italie font trembler la zone euro

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Publié le 5 août 2011.

ECONOMIE - Après le sauvetage de la Grèce, la crise dans la zone euro semblait pouvoir être contenue. Il n'en est rien. 20 Minutes fait le point sur la situation en trois questions...

Pourquoi l’Italie et l’Espagne?

Moins de deux semaines après le sauvetage de la Grèce, l’incendie de la dette publique repart de plus belle. L’Italie, troisième puissance économique de la zone euro a un taux d’endettement historiquement élevé. Il atteint aujourd’hui 120% du produit intérieur brut (PIB). Quant à l’Espagne, il s’élève à 63,6% du PIB, soit huit points de plus qu’il y a un an. Comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, dans ces deux pays, l’activité tourne au ralenti. Ainsi, «l’économie italienne devrait s’installer sur un sentier de croissance molle, avec une progression du PIB de seulement 0,8% cette année et à peine 1% en 2012», pronostiquent les économistes du Crédit Agricole. Avec une croissance atone, difficile de faire diminuer son niveau d’endettement. Quant à l’Espagne, elle doit faire face en plus à un système bancaire très fragile. Le pourcentage de créances douteuses, surtout des crédits immobiliers susceptibles de ne pas être remboursés, n’a jamais été aussi élevé. Dans ce contexte, les taux auxquels ces deux pays doivent emprunter explosent. Ils sont au plus haut depuis la création de la zone euro. Au-delà des 6%. Traduction : les marchés financiers doutent sérieusement de leur capacité à rembourser leur dette publique.

 

La zone euro peut-elle venir en aide à ces deux pays?

Non, très clairement. Elle n’a pas les moyens financiers de venir en aide à deux pays qui représentent 30% du PIB de la zone euro. Le Fonds européen de stabilité financière (FESF), mis en place pour aider  l’Irlande et le Portugal en 2010 n'est que de 750 milliards d'euros avec une garantie effective de prêts de 440 milliards d'euros. En attendant, les dirigeants européens semblent réduits à faire des déclarations pour tenter de rassurer les marchés. Mercredi, le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy a jugé «surprenant» que le coût d'emprunt de pays comme l'Italie et l'Espagne augmentent depuis le sommet du 21 juillet, en dépit de fondamentaux plutôt rassurants. Dans le même temps, le Premier ministre espagnol retardait ses vacances pour analyser en compagnie  de son ministre de l'Economie, «les derniers mouvements des marchés financiers». Des gesticulations qui semblent bien dérisoires au regard de la gravité de la situation.

 

Comment apaiser les marchés ?

L’une des pistes avancée est de renforcer la force de frappe du FESF. Pour les experts de la Royal Bank of Scotland, les ressources du fonds devraient être portées à 2.000 milliards d’euros afin de  venir au secours de Rome et de Madrid. Jeudi midi, Jose Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a appelé à une réévaluation de toutes les composantes du FESF afin de convaincre les marchés que la zone euro peut résoudre la crise de la dette.

En attendant, l’Italie et l’Espagne n’ont pas d’autre choix que de prendre un peu plus la voie de l’austérité. Aux yeux des économistes du Crédit Agricole, «le seul moyen pour stopper ce cercle vicieux entre dégradation des conditions financières, des déficits et de la dette, consiste à durcir le programme de consolidation budgétaire». Mercredi, le président du conseil Italien, Silvio Berlusconi, a réaffirmé son objectif de conduire le déficit public à l’équilibre d’ici 2014.

Mathieu Bruckmüller
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