«Chaque fois qu'un effort supplémentaire sera demandé aux Français, les plus riches n'en seront plus exonérés», assure Guaino

POLITIQUE Le conseiller de Nicolas Sarkozy a estimé que le plus important était désormais de «rétablir l'équité fiscale entre revenus du travail et revenus financiers»...

Reuters

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CHAMUSSY / SIPA

Les plus fortunés ne seront plus exonérés des efforts financiers demandés aux Français, déclare le conseiller de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, dans un entretien publié ce samedi par Libération.

Le parlement a définitivement adopté mercredi l'allégement de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et la suppression du bouclier fiscal, une réforme que l'opposition juge déséquilibrée au profit des plus riches. Le relèvement du seuil d'imposition à l'ISF en exonèrera quelque 300.000 contribuables dès l'an prochain tandis que la suppression du bouclier fiscal, instauré en 2008 et qui privait l'Etat d'environ 700 millions d'euros de recettes annuelles, ne s'appliquera qu'en 2013.

«Rétablir l'équité fiscale entre revenus du travail et revenus financiers»

Les critiques de cette réforme estiment notamment qu'elle ne garantit pas à l'Etat la possibilité de récupérer les recettes perdues par la réforme de l'ISF et qu'elle avantage globalement les contribuables les plus riches. «Je ne crois pas qu'augmenter globalement aujourd'hui de 700 millions d'euros l'imposition du patrimoine serait une bonne idée», déclare Henri Guaino dans Libération.

«Il y a en fait un problème de cohérence: entre la taxation du patrimoine et celle des revenus du patrimoine, il faut choisir. Le plus important à l'avenir, c'est de rétablir l'équité fiscale entre revenus du travail et revenus financiers.» Il se prononce ainsi pour la réintégration progressive des revenus du capital dans l'assiette de l'impôt sur le revenu en abaissant les taux de celui-ci et évoque la possibilité d'une taxation des transactions financières. «Désormais, chaque fois qu'un effort supplémentaire sera demandé aux Français, les plus riches n'en seront plus exonérés», assure-t-il.

Pas de «coup de pouce» au Smic

Henri Guaino se dit également favorable, à titre personnel, à une réflexion sur la fusion entre la CSG (contribution sociale généralisée) et l'impôt sur le revenu, une idée défendue par la gauche et rejetée par l'UMP. Il rejette en revanche toute idée d'un «coup de pouce» au Smic pour favoriser le pouvoir d'achat des revenus les plus faibles.

«Nous avons un problème de pouvoir d'achat des salaires mais nous ne le résoudrons pas en augmentant le salaire minimum», dit-il. «Ce serait prendre le risque de détruire l'emploi des moins qualifiés en alourdissant le coût du travail.» Le Smic, actuellement fixé à 9,00 euros brut de l'euro, soit 1.365 euros brut par mois pour un plein temps, pourrait être revalorisé automatiquement le 1er août si l'accélération de l'inflation est confirmée mercredi par les chiffres des prix à la consommation du mois de juin.