Un homme sort de la banque d'Irlande, à Dublin, le 18 novembre 2010.
Un homme sort de la banque d'Irlande, à Dublin, le 18 novembre 2010. - AFP PHOTO/Peter Muhly

E.M. avec Reuters

Alors que l'Europe peine à ficeler un deuxième plan de sauvetage pour la Grèce, la crise pourrait contraindre un autre pays fortement endetté de la zone euro à solliciter une nouvelle aide internationale: l'Irlande.

Plan de sauvetage

Dublin, qui bénéficie depuis novembre dernier de 85 milliards d'euros d'aide de l'Union européenne et du Fonds monétaire international, espère connaître une croissance suffisamment forte ces deux prochaines années pour que les investisseurs n'assimilent pas sa situation à celle de la Grèce.

Ceci permettrait à l'Irlande de se financer de nouveau sur les marchés obligataires dès 2013, après avoir sondé l'appétit des prêteurs dès le second semestre 2012 en émettant des obligations à court terme.

Mais le scénario pourrait se révéler moins rose. Les investisseurs craignent toujours que le pays soit incapable de rembourser ce qu’il doit. Les taux d’intérêt auxquels l’Irlande peut emprunter de l’argent ont donc explosé.

Croissance et chômage

Avec un coût de financement si élevé et une économie si fragile, l'Irlande risque de se trouver exclue des marchés financiers pendant longtemps encore.

«Ils essaient de sauver les apparences en espérant que l'économie va rebondir, mais les chiffres ne traduisent pas cela», commente Alan McQuaid, économiste chez Bloxham Stockbrokers.

Le PIB a progressé de 1,3% au premier trimestre, sa plus forte croissance depuis plus de trois ans, mais cela masque un net déclin de la consommation privée.

Les fortes exportations, qui ont dopé le PIB, devraient quant à elles se dégonfler à mesure que la croissance ralentit du côté des principaux partenaires commerciaux de l'Irlande.

Le pays a donc avant tout besoin de voir sa demande nationale décoller. Mais avec un taux de chômage stagnant autour de 14% et alors que Dublin vient juste de commencer son programme d'austérité, les consommateurs restent frileux.

Crise financière

La crise économique de l'Irlande prend ses racines dans l'octroi de crédits immobiliers risqués, qui ont failli causer l'effondrement du secteur bancaire.

En soumettant les banques à de sévères tests de résistance et en leur injectant cette année quelque 24 milliards d'euros s'ajoutant aux 46 milliards déjà consentis, Dublin espère convaincre les investisseurs que le secteur est désormais pleinement protégé face à d'éventuelles nouvelles secousses.

Mais certains analystes doutent de la capacité du secteur financier irlandais à faire face au relèvement des taux d'intérêt que semble préparer la Banque centrale européenne.

Le sauvetage international de l'Irlande l'an dernier a été perçu dans le pays comme une violente humiliation de sa souveraineté. Un sauvetage pourrait cependant sembler moins controversé si l'Irlande sollicitait le nouveau mécanisme européen de stabilité financière (MES), dont la mise en place est prévue en 2013.

D’ici là, l'Irlande aura théoriquement déjà mis en oeuvre d'importantes réformes budgétaires. L’Europe pourrait alors consentir à de nouveaux prêts d'urgence sans exiger en contrepartie des mesures de rigueur.

Et contrairement à la Grèce, l'Irlande remplit actuellement les objectifs budgétaires fixés par le plan de sauvetage de l'UE et du FMI.