Après plusieurs semaines de tractations, Christine Lagarde va devenir officiellement la nouvelle directrice du FMI. Dans sa lettre de motivation et lors de ses nombreux déplacements, l’ancienne ministre de l’Economie a fixé le cap de l’organisation.
Ouvrir l’institution aux émergents
Tout au long de sa campagne, Christine Lagarde a rendu visite aux pays émergents. A chaque fois, elle a promis de défendre leurs intérêts, notamment en augmentant leurs quotes-parts, c’est-à-dire leur nombre de voix et donc leur poids dans les décisions. Elle devra redynamiser ce processus, lancé en 2007 mais toujours pas mis en œuvre. Une tâche d’autant plus cruciale que la nomination de Lagarde a déçu nombre de pays émergents qui souhaitaient voir pour la première fois un de leur ressortissant à la tête du Fonds.
Etre plus transparent
Dans sa lettre de motivation, adressée au conseil d’administration, Christine Lagarde écrit: «Le FMI doit continuer d'agir de manière plus réactive, impartiale et équilibrée (…) pour répondre au mieux aux besoins de l'ensemble de ses pays membres.» Le dossier de la transparence est un gros défi pour le Fonds, et Christine Lagarde le place dans ses priorités. Là aussi, il a été lancé depuis plusieurs années et, là encore, la nomination de Christine Lagarde sonne le glas de plusieurs promesses. Le choix du remplaçant de Dominique Strauss-Kahn devait en effet se faire dans la plus grande transparence, mais l’opacité a été maintenue jusqu’au bout.
Relancer l’économie mondiale
L’objectif passe en dernier dans la lettre d’intention de l’actuelle ministre, et pourtant il est de taille. «Le FMI a beaucoup à faire: une reprise mondiale inégale, des déséquilibres mondiaux qui s’aggravent de nouveau, le risque de déstabilisation lié aux flux de capitaux, le chômage élevé, la hausse de l'inflation et des dossiers difficiles dans certains pays», égrène l’actuelle ministre de l’Economie. Priorité des priorités, la situation en Grèce, où le FMI négocie actuellement le versement d’un second plan d’aide.
Anticiper les crises
«Au-delà de sa mission fondamentale, qui consiste à garantir la stabilité des taux de change, le FMI doit mieux intégrer les questions relatives au secteur financier dans ses travaux de surveillance, en coopérant avec le Conseil de stabilité financière et d'autres organes concernés», a-t-elle annoncé dans sa lettre. C’est là un signe de distinction pour la ministre, qui envisage donc d’accroître les prérogatives du Fonds.
Restaurer la confiance à Washington
Le premier défi que mentionne Christine Lagarde dans sa lettre est «la gestion du personnel». Pour elle, les membres de l’administration sont «l’atout principal du FMI». La future directrice général du Fonds n’hésite pas à rappeler que «les événements récents ont laissé des plaies ouvertes». Et elle s’engage donc à «consolider et, si nécessaire, rétablir la fierté du personnel pour mener à bien le processus de reconstruction».