Le terbium, le dysprosium, ou l’holmium, vous connaissez? Pas sûr. Pourtant, l’écran que vous regardez actuellement, vos ampoules basses consommation où la batterie de votre voiture en contiennent probablement. Ils font partie de la famille des «terres rares», composée de 17 métaux précieux utilisés dans la fabrication de très nombreux produits récents.

Problème: même s’ils sont présents en assez grande quantité à la surface de la terre, beaucoup plus par exemple que le plomb ou l’argent, leur coût d’extraction est très élevé. La Chine est l’un des seuls pays à en extraire aujourd’hui, grâce notamment à son gisement géant de Bayan Obo, et exporte à elle seule 95% des «terres rares» en circulation aujourd’hui.

Depuis plusieurs mois, la Chine a commencé à réduire les volumes exportés. Ces derniers ont déjà reculé de 72% entre les deuxièmes trimestres 2009 et 2010, révèle le Figaro. Et Pékin a annoncé à la fin mai de nouvelles restrictions. Si bien que les prix ont explosé depuis, dépassant les 100% de croissance en un mois seulement par exemple pour plusieurs d’entre eux.

Tour d’horizon des produits menacés par cette augmentation brusque:

Produits chimiques ou pétroliers: Plus d’un tiers des «terres rares» mondiales servent de catalyseurs, c’est-à-dire qu’ils sont indispensables à la préparation de produits chimiques ou à la transformation de produits pétroliers. Des substituts existent, mais ils sont beaucoup moins efficaces.

Ampoule basse consommation: Le terbium permet de réduire de 80% la consommation d’électricité. Autant dire qu’il n’y aurait pas d’ampoule à basse consommation sans terbium. Sauf que les ressources en terbium sont assez faibles, et son prix a augmenté de 128% depuis trois semaines.

Voitures électriques, lasers… et réacteurs nucléaires: Pour fabriquer un moteur électrique, il faut des aimants. Plus de 10% des «terres rares» mondiales, notamment le dysprosium, qui a l’avantage d’être très léger, sont consacrées à cet usage. Ce métal est aussi très utile pour les réacteurs nucléaires, les lasers et les sonars. Depuis début mai, son prix est passé de 700 dollars le kilo à près de 1.500 dollars.

Ecrans LCD ou tubes fluorescents: Pas d’écran fin sans europium. Le recours à ces métaux représente 10% de la consommation annuelle de «terres rares». De même, pour les éclairages fluorescents, il faut du terbium ou de l’europium. Deux matériaux dont les prix ont plus que doublé en un mois.  

Téléphones portables, disques durs, éoliennes: Là encore, il faut des aimants (le plus souvent du neodyme mais aussi du terbium, gadolinium ou  dysprosium). C’est grâce à un alliage entre une «terre rare» et un métal ferromagnétique que les disques durs ou les téléphones portables fonctionnent. Problème, le prix du neodyme a augmenté de 74% depuis début mai.

Seule bonne nouvelle, cette augmentation pourrait pousser les entreprises à développer le recyclage de ces métaux. Aujourd'hui, la pratique est quasi inexistante alors que l'extraction des terres rares provoquent de véritables ravages environnementaux

 

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