Le RSA fête ses deux ans sur fond de polémique

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Publié le 1 juin 2011.

SOCIAL - Le dispositif a toujours du mal à s'imposer...

Le Revenu de solidarité active (RSA) fête mercredi ses deux ans. Une mesure que Nicolas Sarkozy compte bien mettre à l'actif de son bilan mais qui vient de faire l'objet d'une violente polémique, signe que le dispositif cherche encore ses marques.

Promesse de campagne

Promesse de campagne de Nicolas Sarkozy et mis en place en pleine crise économique par Martin Hirsch le 1er juin 2009, le RSA a connu en 2010 sa première année complète et son extension à une partie des moins de 25 ans.

Le chef de l'Etat a d'ailleurs vivement défendu le dispositif il y a quinze jours, au plus fort des attaques menées par une partie de la majorité UMP, en soulignant le «bilan exceptionnel» du RSA.

Le ministre des Affaires européennes Laurent Wauquiez venait de «dénoncer les dérives de l'assistanat» et de proposer des heures de «travail social» en contrepartie du RSA. Déjà, lors de sa création fin 2008, une partie de la droite fustigeait une mesure d'«assistanat».

Si le Premier ministre François Fillon a déclaré la polémique «close», le sujet n'en sera pas moins au menu de la convention sociale de l'UMP le 8 juin et pourrait bien ressurgir au cours de la campagne présidentielle.

1,85 millions de foyers au RSA

La prestation se décline en fait en deux volets: le RSA socle d'une part, qui a simplement remplacé le RMI (460 euros par mois environ) et le RSA activité d'autre part, qui vient compléter un petit salaire (en moyenne, 170 euros).

Fin février, près d'1,85 million de foyers percevaient le RSA, dont 670.000 le touchaient en plus d'un salaire, un chiffre bien en-deçà des attentes exprimées au moment du lancement, rappelle l'économiste François Bourguignon, président du comité d'évaluation du RSA.

En 2010, le nombre d'allocataires de la partie «activité» a cru de 12%, celui des allocataires du «socle» de 3%, des chiffres qui reflètent selon le ministère des Solidarités l'amélioration de la situation de l'emploi, un constat tempéré par François Bourguignon.

Les variations du RSA socle reflètent sans nul doute l'état du marché du travail, dit-il. Mais pour le RSA activité, il est trop tôt «pour dire si c'est lié à la conjoncture» car l'allocation n'est pas encore en vitesse de croisière.

Allocataires

D'autant que «l'on constate toujours beaucoup d'allocataires potentiels qui ne demandent pas le RSA», ce qui fausse les analyses, rappelle l'économiste. Même après deux ans, «les gens ne sont pas au courant du dispositif, en particulier quand ils travaillent».

Les allocataires ne semblent d'ailleurs pas les seuls à avoir des difficultés. Certains conseils généraux prennent «un peu trop de temps à mettre en place» l'accompagnement des bénéficiaires, note François Bourguignon.

Une critique exprimée aussi par les associations. Ainsi, l'Anas (assistants de services sociaux) note «que les emplois manquent comme manquent les moyens en terme d'accompagnement des personnes».

Martin Hirsch reconnaît lui aussi la complexité du dispositif, un point sur lequel tout le monde s'accorde, des associations au gouvernement.

Comme le RSA est calculé selon les revenus tous les trois mois et non chaque mois, "les bénéficiaires ont du mal à identifier combien ils vont percevoir de mois en mois", reconnaît-on dans l'entourage de la ministre Roselyne Bachelot. Le principe d'une déclaration mensuelle des revenus est l'une des pistes étudiées pour simplifier le RSA, de même que la création d'un "guichet unique" ou la fusion de la prestation avec la Prime pour l'emploi, selon le ministère.

Le prédécesseur de Roselyne Bachelot Marc-Philippe Daubresse est chargé de proposer des solutions pour fin juillet.

© 2011 AFP
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