Illustration d'une façade d'un bureau de poste.
Illustration d'une façade d'un bureau de poste. - E.PIERMONT/AFP

© 2011 AFP

C'est tout nouveau. La Poste lance lundi sa première offre mobile, qui se veut «simple, modeste et accessible», un défi difficile à relever dans un secteur où petits et grands opérateurs de téléphonie sont déjà en guerre permanente pour proposer les tarifs les plus attractifs. Selon la presse spécialisée, elle va tenter de casser les prix, avec des forfaits débutant à 10 euros pour 30 minutes de communication ou encore 21 euros pour deux heures et des SMS illimités.

Même si elle bénéficie du soutien financier et technique de SFR, qui injecte 98 millions d'euros dans le partenariat, l'offre baptisée La Poste Mobile va devoir se faire une place et un nom face à d'autres opérateurs déjà bien installés tels Virgin Mobile, Zéro Forfait ou encore Prixtel.

Tarifs modestes

«On sera plutôt du côté de la modestie des tarifs. Et on sera très attentifs à ce que les valeurs de La Poste en terme de simplicité, de robustesse, de transparence, d'accessibilité» soient respectées, a indiqué il y a quelques semaines le président de La Poste, Jean-Paul Bailly.

L'objectif est d'atteindre 2,4 millions de clients d'ici 2016 - alors que le marché français actuel compte 65,5 millions de cartes Sim. Le montage financier opéré avec SFR apporte déjà à La Poste des clients «de fait»: leur coentreprise a en effet absorbé un opérateur actif, Debitel, dont les 260.000 clients mobile vont automatiquement basculer lundi sur l'offre de La Poste.

Mais dans un document interne que l'AFP s'est procuré, le groupe avoue craindre «une forte désertion de ces abonnés quand ils verront leur prestataire changer». Pour étoffer sa clientèle, La Poste va commencer par piocher parmi ses propres salariés: à l'instar d'autres opérateurs, l'entreprise va proposer aux postiers des tarifs préférentiels (environ 20% à 30% moins chers que ceux pour le grand public) dont ils pourront faire bénéficier trois de leurs proches.

Maillage territorial

Autre atout sur lequel le groupe veut compter: les 500.000 personnes qui viennent déjà dans ses bureaux de poste pour acheter des cartes prépayées proposées par d'autres opérateurs, et que La Poste espère convertir à ses propres offres. L'impressionnant maillage territorial de l'opérateur postal historique devrait également jouer en sa faveur: il pourra aisément proposer dans ses bureaux sa gamme de téléphones mobiles - 15 modèles différents proposés dans 600 bureaux, et 5 modèles dans plus de 1.200 bureaux.

Les trois quarts des ventes mobiles devraient ainsi se faire dans les bureaux de poste, selon les objectifs de La Poste. Plusieurs centaines de guichetiers, actuellement chargés des activités postales, ont bénéficié d'une première vague de formation de deux à cinq jours pour pouvoir renseigner cette nouvelle clientèle.

Du côté des tarifs que La Poste Mobile pourrait pratiquer, le secret reste bien gardé, mais les offres devraient être très proches de celles pratiquées par Debitel et ses services Simplicime, qui s'alignent déjà sur les prix les plus bas du marché.

Reste à savoir si, pour son offre plancher, La Poste va réussir à décrocher le «label» tarif social mobile instauré par le gouvernement en mars dernier et qui permet de bénéficier d'au moins 40 minutes de communication et 40 SMS pour une dizaine d'euros par mois.