Un site Internet pour «louer» les étudiants

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Publié le 6 mai 2011.

ÉCONOMIE – Les entreprises peuvent confier des missions rémunérées à des étudiants auto-entrepreneurs…

Serveur, plombier, technicien de surface ou saisonnier. Aussi divers soient-ils, les petits boulots des étudiants ont bien souvent un point commun: ils n’ont rien à voir avec leurs compétences, et ne leur seront que peu utiles dans leur carrière. Pour améliorer le travail étudiant, trois jeunes fraîchement diplômés ont lancé le site «Louerunetudiant.com» en janvier dernier.

Comme ce nom «sympa» -et volontairement provocateur- l’indique, il s’agit de mettre en relation les étudiants avec des entreprises cherchant à faire exécuter des tâches à bon prix. Comme faire traduire un rapport de trente pages, réaliser un site internet ou une étude de marché par un jeune en formation, qui doit devenir auto-entrepreneur pour l’occasion. Selon les créateurs du site, 350 missions ont étaient proposées depuis quatre mois, tandis que 500 entreprises et 2600 étudiants s'y sont inscrits. Louerunetudiant.com se rémunère en prenant 15% de chaque prestation réalisée.

Manque d’expérience

Convaincus que «le problème du jeune demandeur d’emplois est le manque d’expérience», Morgan Dierstein, l’un des trois fondateurs, se dit «heureux de proposer un service qui [lui] a manqué au cours de ses études.

«Ce site internet est révélateur d’une jeunesse qui cherche à trouver ses propres solutions dans un contexte de précarité très grande», estime Julien Bayou, membre de l’association Génération précaire.  «On ne peut pas en vouloir à un site qui veut donner aux étudiants une alternative aux stages pourris ou à la ligne blanche sur le CV. Mais il faut faire attention. Travailler en tant qu’auto-entrepreneur maintient les jeunes dans la précarité, sans contrat de travail. Ils n’ont ni horaires de travail, ni cotisation sociale. On est pas loin du travail au noir» , dénonce-t-il.

Les fondateurs du site assurent qu’ils imposent aux entreprises de proposer des tarifs raisonnables, et vérifie chaque annonce avant publication. Aucune ne doit être chronophage, et un barème est fixé pour les tâches les plus communes. Pas moins de 100 euros pour la création d’un logo, et pas moins de 150 euros pour une traduction de dix pages, par exemple. «Il faudra être très prudent pour ne pas que le nombre d’étudiants prêt à être «loués» sur ce site ne tire les conditions de travail vers le bas», s’inquiète toutefois le militant de Génération précaire.

Thibaut Schepman
Mots-clés
Emploi

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