Réunion électrique ce vendredi au Palais des Congrès Porte Maillot à Paris. Renault y tient cet après-midi à 15H00 son assemblée générale annuelle en présence de son PDG Carlos Ghosn qui devra répondre aux interrogations des actionnaires après le scandale de l'affaire de faux espionnage qui ébranle le constructeur depuis le début de l'année.
Le groupe s'attend à une affluence importante des petits porteurs. Carlos Ghosn, resté à son poste malgré la tempête, prendra la parole. Suivra une séance de questions/réponses avec les actionnaires qui s'annonce houleuse.
Onde de choc
En janvier, Renault licenciait trois de ses cadres, les accusant à tort d'espionnage industriel. Cette affaire, s'avérant une sombre histoire d'escroquerie, a suscité une onde de choc au sein de l'entreprise et jusqu'au sommet de l'Etat, actionnaire à hauteur de 15,01%.
Elle a conduit au départ du bras droit de M. Ghosn, Patrick Pélata, au débarquement de trois cadres dirigeants et au licenciement de trois responsables de la sécurité. Le nom du nouveau directeur général délégué n'est toujours pas connu. Il ne devrait toutefois pas être dévoilé cet après-midi, selon des sources concordantes.
Vote de contestation
Les actionnaires doivent voter 14 résolutions allant de la validation des comptes 2010 à la fixation des jetons de présence, qui détermine la rémunération des membres du conseil d'administration. Chose rare, Proxinvest, cabinet de conseil aux actionnaires, a appelé à voter contre quatre de ces résolutions «afin d'envoyer un signal fort».
Il conseille notamment de s'opposer au renouvellement du mandat de Philippe Lagayette, administrateur de référence et président du comité d'audit. C'est lui qui avait demandé le rapport d'audit à la suite de l'affaire de faux espionnage.
Rapport accablant
Dans ce contexte tendu, Renault pourra toutefois se féliciter de ses ventes annoncées mardi: Renault a en effet vu son chiffre d'affaires trimestriel augmenter de 15% à 10,4 milliards d'euros. Et les actionnaires se verront proposer le versement d'un dividende de 0,30 euro par action, le premier depuis deux ans.