Les autorités de la zone euro ont répondu favorablement vendredi à la demande d'assistance financière du Portugal et ont dit tabler sur un accord sur un programme de réforme d'ici la mi-mai.
Elles ont également précisé que le plan, qui devrait s'étendre sur trois ans, pourrait représenter environ 80 milliards d'euros et qu'il répondrait à des conditions strictes.
Le programme reposera sur trois piliers: un plan d'ajustement budgétaire ambitieux ; des réformes structurelles visant à restaurer la compétitivité de l'économie portugaise accompagnées d'un programme de privatisations; des mesures pour assurer la liquidité et la solvabilité du secteur financier.
«Les préparatifs vont débuter immédiatement pour parvenir à un accord inter-partis permettant que le programme d'ajustement soit adopté à la mi-mai et mis en oeuvre de manière rapide après la formation d'un nouveau gouvernement», est-il indiqué dans un communiqué des ministres des Finances de la zone euro.
Le Premier ministre portugais José Socrates a présenté fin mars la démission de son gouvernement à la suite du rejet par le parlement d'un nouveau plan d'austérité destiné à permettre au pays de remplir son objectif d'un déficit public de 4,6% du PIB en 2011.
Des élections législatives sont prévues le 5 juin mais des échéances de refinancement importantes en avril et juin, ainsi que la pression des banques nationales, ont finalement convaincu le gouvernement en affaires courantes à demander une aide à l'UE et au Fonds monétaire international.
Le pays, qui avait résisté plusieurs mois aux pressions des marchés financiers et de certains de ses partenaires européens, est ainsi devenu le troisième pays de la zone euro après la Grèce et l'Irlande à faire appel à un tel soutien.
Le directeur général du Fonds européen de stabilité financière (FESF), Klaus Regling, a indiqué que tout risque de contagion avec d'autres économies fragiles de la zone euro, en particulier celle de l'Espagne, était désormais exclu.
«La vue qui prédomine est que nous avons maintenant isolé les trois économies les plus faibles de la zone euro. Le marché obligataire espagnol n'a pas été affecté (par la demande d'aide portugaise)», a-t-il dit.
«Il y a une claire différence. Pour la dette espagnole, il y a un vrai marché. Il y a des achats et des ventes. Le risque de contagion est très en deça de ce qu'il était il y a six ou neuf mois», a-t-il continué.
Si les ministres ont loué les efforts de Madrid pour réformer son économie et remettre de l'ordre dans ses finances publiques, les marchés semblent eux aussi convaincus.