Il est devenu l’un des hommes les plus riches du monde, grâce à son flair en matière d’investissement. A Wall Street, on le surnomme «l’oracle d’Omaha», du nom de la ville du Nebraska où il vit et dirige son fonds d’investissements. Mais le multimilliardaire américain pourrait bien s’être fait berné, relate le Financial Times dans son édition de jeudi
Son propre bras droit, David Sokol, vient de démissionner avec fracas. Il avait conseillé à Warren Buffet d’investir dans l’entreprise de chimie américaine Lubrizol, en janvier dernier. Ce qui Bufffet fit deux mois plus tard, à la mi-mars, passant une transaction de 9,7 milliards de dollars. La suite, c’est Warren Buffet lui-même qui la raconte dans un communiqué exceptionnel : «Le 19 mars, j'ai appris que Dave avait d'abord acheté 2.300 actions de Lubrizol le 14 décembre, qu’il a ensuite vendues le 21 décembre. Par la suite, il a acheté 96 060 actions les 5, 6 et 7 janvier». Si Sokol avait bien indiqué à Buffet qu’il possédait des actions du fabricant de lubrifiants Lubrizol, il n’a jamais précisé que les achats étaient très récents et très importants. Or il était évident que le prix des actions de Lubrizol grimperait en cas de rachat par Warren Buffet, laissant à David Sokol une grosse plus-value.
Les deux parties assurent que l’affaire n’a pas pesé dans la démission de David Sokol. Mais elle constitue un tournant pour le fonds d’investissement de Buffet, qui voyait en Sokol son probable successeur à la tête de l’entreprise. Une hypothèse bien évidemment écartée aujourd’hui. Et les ennuis ne sont pas terminés pour David Sokol, puisque le gendarme de la Bourse américaine (SEC), enquête aujourd’hui sur ses achats dans le capital de Lubrizol.