La catastrophe au Japon «va forcement profiter aux énergies renouvelables»

ÉNERGIE livier Ken, analyste spécialiste des énergies renouvelables à la financière de Champlain, répond aux questions de 20minutes.fr...

Propos reccueillis par Thibaut Schepman

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Olivier Ken, analyste spécialiste des énergies renouvelables à la Financière de Champlain. 

Olivier Ken, analyste spécialiste des énergies renouvelables à la Financière de Champlain.  — DR

Depuis la catastrophe au Japon, les valeurs boursières des énergies renouvelables flambent en Bourse. Est-ce un rebond passager ou peut-on attendre un renouveau de la filière?
Il y a eu des mouvements brusques en Bourse, effectivement. Je pense par exemple au producteur allemand de panneaux solaires SolarWorld, ou encore à Nordexdans l’éolien, dont les titres sont montés de 40% en deux jours. Ce genre de mouvement est extrêmement rare. Il est la conséquence d’un changement de stratégie des hedge funds, qui pariaient sur une baisse du secteur depuis plusieurs mois et ont racheté leurs positions. Mais nous pensons aussi que se dessine une tendance de fonds.  Quelque soit l’issue des événements au Japon, ils vont marquer les esprits. Peu de dirigeants politiques devraient s’engager sur la voie du développement du nucléaire. Et cela va forcement  profiter aux énergies renouvelables.

Pensez-vous vraiment que les Etats vont revoir leur mix énergétique, en accordant moins de place au nucléaire et plus aux énergies renouvelables?
De nombreux pays commencent à freiner leurs ambitions sur le nucléaire. L’Allemagne a déjà annoncé un moratoire, et la Chine a annoncé un gel temporaire, alors qu’elle venait d’annoncer un plan très ambitieux en la matière. Cela intervient à une période charnière, où beaucoup d’Etat sont en train de revoir leurs politiques énergétiques et cela peut donc être déterminant.

Attention, il ne faut pas s’attendre à une grande vague d’investissement sur les énergies renouvelables. On revient en fait de très loin: le secteur était en crise en 2009 et 2010, la tendance va s’inverser. Les Etats vont probablement respecter les objectifs très ambitieux  -je pense par exemple aux 38% de production d’électricité à partir d’énergies renouvelables en 2020 par exemple pour l’Allemagne- qu’ils s’étaient donnés en la matière, alors que ces objectifs étaient remis en cause depuis l’échec du sommet de Copenhague et la crise de la dette en Europe.

Pensez-vous qu’un tel changement de modèle peut également s’amorcer en France? Et profiter à moyen terme aux entreprises françaises du secteur?
La France est un cas très particulier. Plus de 75% de notre électricité est d’origine nucléaire. Mais la France s’est également dotée d’objectifs ambitieux en matière de renouvelable et on peut imaginer une transition douce vers plus d’énergies renouvelables dans son mix énergétique. D’un côté, vous avez un baril de pétrole qui coûte de plus en plus cher et des doutes sur la sécurité nucléaire. De l’autre, on voit le coût des panneaux solaires diminuer de 20% par an et une industrie éolienne  devenue mature… Pour nous, cette transition a un sens économique et social.

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