Japon: La catastrophe peut-elle faire vaciller la reprise mondiale?

ECONOMIE Elle pourrait aggraver le choc pétrolier...

Elsa Meyer

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Un trader travaille avec trois téléphones à la bourse de New York, le 7 mars 2011.

Un trader travaille avec trois téléphones à la bourse de New York, le 7 mars 2011. — L. JACKSON / REUTERS

Séisme, tsunami et accident nucléaire: les catastrophes s’enchaînent au Japon et vont durablement toucher l’économie nippone.

Et l'impact ne s’arrêtera pas aux côtes de l’archipel.  La croissance mondiale pourrait aussi en souffrir, à plus ou moins grande échelle selon l’évolution de la situation à la centrale de Fukishima.

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Chute des Bourses mondiales 

Déjà fragilisée par la crise de la zone euro et l’envolée des prix du pétrole, la catastrophe japonaise fait peser un nouveau doute sur la reprise internationale. Une inquiétude qui fait plonger les Bourses du monde entier depuis vendredi.

Car le Japon est la troisième puissance de la planète. Excepté certains secteurs comme le luxe, le pays ne capte pourtant qu’une petite partie de la demande mondiale. Il joue en revanche un rôle stratégique essentiel dans la région.

Difficultés régionales

Les difficultés économiques du Japon «vont donc d’abord affecter l’Asie. Le pays est inséré dans un système de production régionale: il fournit les pièces des produits assemblés en Chine qui seront ensuite exportés vers les Etats-Unis et l’Europe», explique à 20minutes.fr Agnès Benassy-Quéré, directrice au Cepii.

Autre inquiétude si l’économie nippone plonge: que le Japon cesse de financer la dette en Europe mais surtout aux Etats-Unis. Derrière la Chine, il est le deuxième détenteur étranger de bons du Trésor américain.

Vers un nouveau choc pétrolier

Mais une chute du PIB japonais ne devrait pas mettre à mal durablement la croissance mondiale. Sauf si l’accident de Fukishima se transforme en crise nucléaire.

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«Si les centrales du Japon sont à l’arrêt de manière durable, le troisième consommateur mondial de pétrole va devoir en importer davantage ce qui va renchérir les cours du brut. Et si le mouvement de défiance vis-à-vis du nucléaire contamine d’autres pays, le prix du baril va exploser et le choc pétrolier s’aggraver», précise l’économiste.

Sous la pression des révoltes dans le monde arabe, le prix du pétrole grimpe déjà tous les jours un peu plus. L'Agence internationale de l'énergie a mis en garde mardi contre un «ralentissement marqué» de l'économie mondiale d’ici la fin de l’année si le cours du baril devait rester aux niveaux élevés actuels ou continuer sa hausse.

«Il y a un risque de récession mais les économies sont toutefois bien moins dépendantes du pétrole que dans les années 1970 au moment des deux chocs pétroliers», nuance toutefois Agnès Benassy-Quéré.