Bernard Carayon, député UMP du Tarn, en 2009.
Bernard Carayon, député UMP du Tarn, en 2009. - SIMON ISABELLE/SIPA

INTERVIEW Le député UMP Bernard Carayon répond aux questions de 20minutes.fr...

Bercy a confirmé ce lundi avoir été victime d’une gigantesque attaque informatique sur des documents liés au G20.

>> Bercy victime d'espionnage, lire les explications de 20minutes.fr

Le député UMP Bernard Carayon, spécialiste des questions d’intelligence économique, explique à 20minutes.fr pourquoi la France doit affûter ses armes dans cette cyber-guerre.

Est-ce que cette attaque informatique vous étonne?
Ce type de menaces est connu depuis longtemps. Nous avons eu des exemples avec le Canada, l’Estonie et même le Pentagone aux Etats-Unis.  Aucun pays n’est aujourd’hui à l’abri. Tous les Etats ont intégré cette dimension stratégique, certains plus que d’autres.  La Russie ou la Chine ont ainsi en marge de leur ministère de l’Economie des personnes spécialisées dans l’intrusion de systèmes informatiques.

Selon vous, que cherchaient les pirates dans les ordinateurs de Bercy?
Cette intrusion prouve que la présidence française du G20 a bien plus d’enjeux que certains ne le pensaient. Les «hackers» ont pu dérober les dossiers de préparation de l’événement. L’intérêt pour eux serait ainsi de connaître la position de la France, et d’autres pays du G20, sur les questions de parité des monnaies ou de déséquilibres commerciaux.

Pensez-vous, comme certains,  que la Chine,  ou qu’un autre pays, soit derrière cette attaque ?
Un Etat se cache sûrement derrière les pirates. Je ne vois aucun autre acteur susceptible de mener une attaque informatique de cette ampleur. Une organisation criminelle semble ainsi exclue dans la mesure où elle n’est pas concernée par les enjeux du G20. Difficile cependant de dire quel pays aurait plus intérêt qu’un autre à détenir ces informations. Il s’agit probablement d’un Etat au coeur de certains contentieux internationaux.  Ce qui est sûr, c’est que ce type d’intrusion est l’oeuvre d’une armée de hackers.

Que proposez-vous pour éviter ce type d’attaques informatiques?
La cyber-guerre n’est pas un jeu pour les enfants sur leurs consoles vidéo, elle existe vraiment.  Il faut donc un audit immédiat des systèmes d’informations de l’ensemble des administrations publiques. Nous devons ensuite aussi créer un organisme global en charge des technologies de l'information et de la communication avec tous les moyens publics de financement et de recherche. Il pourrait notamment engager une politique systématique d'information et de formation dans les administrations. 

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