Le feuilleton Sanofi-Aventis et Genzyme est quasiment terminé. Le numéro un français du secteur a annoncé mercredi avoir trouvé un accord pour racheter le laboratoire américain. Montant de la transaction: plus de 20 milliards de dollars.
Un investissement de taille et stratégiquement très important pour Sanofi. Car le numéro un français et européen du secteur, et l’une des cinq plus grosses entreprises au niveau international, est menacé de toute part.
Sanofi-Aventis doit ainsi affronter la concurrence accrue des médicaments génériques. D’ici à 2051, plusieurs de ses produits phares vont tomber dans le domaine public avec l’expiration de leurs brevets. Le laboratoire a déjà perdu un milliard d’euros de chiffres d’affaires l’année dernière avec l'arrivée des génériques sur trois de ses médicaments (Eloxatine, Plavix et Allegra).
Le groupe a en outre raté le virage des médicaments biologiques, extraits à partir d’une substance biologique comme le sang ou les cellules. Ces derniers constituent pourtant aujourd’hui près de deux nouveaux médicaments sur trois. Et ont l’avantage d’être difficilement copiables.
Genzyme est ainsi pour Sanofi l’un de moyens de renverser la tendance. Le laboratoire américain est leader mondial des biotechnologies et spécialiste du traitement des maladies rares. Un secteur de niche où interviennent les principales innovations, donc les futurs relais de croissance.
Ce rachat intervient dans une stratégie globale de diversification des activités pour Sanofi. Aussi bien au niveau géographique, en se concentrant sur les pays émergent, que sur les produits proposés.
Depuis son arrivée à la tête du groupe fin 2008, Chris Viehbacher a ainsi multiplié les acquisitions, dont l'américain Chattem, spécialiste des médicaments vendus sans ordonnance aux Etats-Unis, ou le leader de la médecine vétérinaire, le groupe Merial.
Selon des informations lundi du journal Les Echos, Sanofi-Aventis va aussi débourser un milliard d'euros pour se renforcer dans l'ophtalmologie à travers quatre rachats d’ici à 2014.