La Grèce juge «inacceptables» les nouvelles réformes exigées par l'UE et le FMI

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Publié le 14 février 2011.

EUROPE – Le gouvernement grec dénonce l'ingérence des inspecteurs du Fonds monétaire international dans la mise en œuvre de son plan d’austérité...

«Nous sommes dans le besoin, mais nous avons aussi des limites. Et les limites de notre dignité ne sont négociables avec personne. Nous ne prenons nos ordres que du peuple grec.»

Le gouvernement grec s’est vivement opposé samedi, aux exigences de l’Union européenne (UE) du Fonds monétaire international (FMI).  «Nous ne demandons à personne de s'ingérer dans les affaires intérieures (...) Nous ne prenons nos ordres que du peuple grec», a même averti le gouvernement de Georges Papandréou dans un communiqué.

50 milliards d’euros de privatisations

Cette réaction fait suite à la visite, vendredi à Athènes, des inspecteurs de l'UE et du FMI. Ceux-ci sont venus en Grèce examiner la mise en œuvre du plan de sauvetage qui a permis à Athènes d'échapper à la faillite. Ils ont reconnu que le programme de consolidation budgétaire de 110 milliards d'euros  était «sur les rails» et ils ont débloqué une nouvelle tranche de 15 milliards d'euros, mais ils ont été plus critiques que lors de leurs précédentes visites et ont exigé de nouvelles mesures de la part du gouvernement grec.

Les prêteurs ont estimé que les privatisations devraient permettre de recueillir 50 milliards d'euros entre 2011 et 2015. Le précédent objectif du gouvernement était de sept milliards d'euros entre  2011 et 2013. Un plan jugé irréaliste par le ministre des Infrastructures, Dimitris Reppas. «Recueillir 50 milliards d'euros d'ici à 2015 grâce à la privatisation de biens de l'Etat n'est pas possible», a-t-il affirmé samedi à la télévision publique TV Net.

Un responsable du ministère des Finances avait néanmoins assuré vendredi que la Grèce avait accepté le nouvel objectif de 50 milliards d'euros. Les révélations du quotidien To Vima, indiquant que le nouveau plan prévoit la privatisation des plages touristiques du pays, a notamment déclenché la colère de la population.

Colère

Lors de la conférence de presse, Poul Thomsen, chef de la délégation du FMI, a également invité les Grecs à ne pas laisser «ceux qui ont des intérêts» personnels empêcher le plus grand nombre de profiter des privatisations. Evoquant des groupes opposés à l'ouverture de professions strictement règlementées, il a dit: «Certains des groupes qui descendent dans les rues, les chauffeurs routiers, les pharmaciens (...) se cachent derrière leurs privilèges qui leur permettent d'extorquer des prix élevés, d'imposer un lourd fardeau au reste de la société».  Des accusations qui ont également déclenché l’ire de la population.

Le gouvernement grec a déjà sabré dans ses dépenses, gelé les pensions de retraite et augmenté les impôts afin d'honorer les engagements pris lorsque le partenariat UE/FMI lui a octroyé en mai dernier une aide de 110 milliards d'euros.  Bon nombre d'analystes estiment que la Grèce ne sera pas en mesure de faire face à sa lourde dette à l'issue du plan de sauvetage de trois ans et qu'elle devra la restructurer à un moment ou un autre.          

Thibaut Schepman
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