James Tobin l’a popularisé, Christine Lagarde l’a remise au goût du jour. L’idée d’une taxation des flux financiers a été encore une fois évoquée par la minsitre de l’économie lundi matin. 20minutes.fr fait le point sur cette éventuelle nouvelle taxe.
Quelle est l’idée de cette taxe?
Chaque jour, des milliers de milliards de dollars sont échangés sur les marchés financiers. Ces transactions concernent des achats et reventes d’actions, de devises, de dettes… L’idée est de taxer à très faible taux, entre 0,01% et 0,1%, l’ensemble de ces transactions. Cela permettrait de dégager d’importantes sommes d’argent –jusqu’à plusieurs centaines de milliards d’euros par an pour une taxe à 0,1%- mais aussi de limiter la quantité de transactions effectuées à très court terme dans un but spéculatif.
Qui la défend?
Le principe de cette taxe a été imaginé en 1972 par l’économiste James Tobin. Elle a ensuite été l’une des idées phares des altermondialistes, et notamment de l’association française Attac en 1998. Aux lendemains de la crise économique, l’idée a été reprise aux tribunes de l’ONU et du G20. Nicolas Sarkozy, Christine Lagarde mais aussi les dirigeants allemands, britanniques ou encore le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso se sont ainsi prononcés en la faveur d’une telle taxe.
Pour quoi faire?
Là-dessus, les avis divergent. Les dirigeants français plaident depuis 2009 pour que cette taxe finance l’aide au développement. Problème, cette taxe est évoquée à chaque fois que l’on recherche des «financements innovants» pour une cause. Elle a été souhaitée notamment dans le cadre du sommet de Copenhague, pour financer la lutte contre le changement climatique, ou encore par le FMI pour alimenter un fonds de secours aux banques.
A-t-elle une chance de voir le jour?
Nicolas Sarkozy a choisi de faire figurer cette taxe au menu de la présidence française du G20 entre novembre 2010 et novembre 2011. Mais, les dirigeants d’Attac ne se réjouissent pas de voire cette idée «qui pouvait paraître révolutionnaire il y a dix ans, évoquée aujourd’hui dans la plupart des instances internationales». Aurélie Trouvé, co-présidente de l’association, s’inquiète par exemple que Nicolas Sarkozy ait choisi de la défendre au sein du G20, «où aucune mesure concrète n’a été prise depuis la crise financière». Elle craint que «l’on en reste aux discours», «comme ce fût le cas pour la lutte contre les paradis fiscaux lors des derniers G20». La ministre de l’Economie, Christine Lagarde, a déjà reconnu qu’elle s’attendait à «une rude bataille» sur ce thème et que la France souhaitait simplement «entamer un processus».