Pourquoi les grands patrons se rendent-ils à Davos?

TÉMOIGNAGES – Des dirigeants racontent leur forum à 20minutes.fr…

Thibaut Schepman

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Des participants au forum de Davos discutent le 26 janvier 2011.

 

Des participants au forum de Davos discutent le 26 janvier 2011.   — AFP PHOTO /JOHANNES EISELE

Plus de 2.500 dirigeants, hommes politiques ou universitaires du monde entier sont actuellement réunis dans la petite station de ski helvétique de Davos. La grande majorité a déboursé 13.900 euros d’inscription, plus une cotisation annuelle d’environ 40.000 euros, pour intégrer le très fermé club des participants. Ils racontent leur expérience à 20minutes.fr.

«Pour moi, Davos est un baromètre. Le fait de retrouver ses homologues en début d’année permet de prendre le pouls du secteur». Le forum de Davos est un rendez-vous incontournable pour Fabrice Seiman, co-président du fonds Lutetia Capital. A 31 ans, il en est à sa sixième participation.

« Un Davos "on" et un Davos "off" »

«On peut dire qu’il y a un Davos "on", et un Davos "off".  D’un côté il y a des sessions de travail en groupe et les discours publics, et de l’autre il y a une multitude de réunions et rencontre privées. Chacun fixe ainsi son programme pour rencontrer les personnes avec qui il souhaite échanger», assure-t-il.

Bruno Tertrais, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique, participe pour la première fois au forum, où il est invité en tant que responsable d’un groupe de travail sur la sécurité internationale. Il a lui aussi rapidement constaté les multiples «sollicitations».

«A mon arrivée dans ma chambre d’hôtel, j’ai par exemple trouvé un petit objet artisanal offert par la confédération des industries indiennes», raconte-t-il. «On reçoit aussi par mail de nombreuses invitations», poursuit le chercheur. Les participants peuvent ainsi choisir vendredi soir entre «une réception avec la délégation japonaise», «un dîner offert par les Indiens», ou encore la «fête organisée par Google». Cette dernière devrait, selon une enquête du New York Times, coûter 182.000 euros.

Les deux participants louent la bonne organisation du Forum, citant notamment «la ponctualité helvétique des conférences», ou encore l’application pour smartphone permettant aux dirigeants de se repérer et d’organiser leur agenda.

«Club exclusif»

Selon Bruno Tertrais, règne à Davos une «ambiance de club exclusif», où chacun tente de rencontrer le plus de personnes possible. «Dans les couloirs, les gens qui vous croisent baissent tous les yeux vers votre poitrine. Ils cherchent à lire votre nom et votre fonction sur votre badge, pour savoir si vous êtes quelqu’un d’important à rencontrer», détaille-t-il.

La taille des délégations rend ainsi compte de la puissance économique d’un pays ou d’une entreprise. Sont très en vue cette année les Chinois, les Indiens, et dans une moindre mesure les Français. «C’est très positif pour l'image de la France qui doit faire entendre sa voix, particulièrement en cette année de G20», prédit Fabrice Seiman.

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