Le parcours du combattant des chômeurs

Publié le 14 juin 2006.
« J’ai vraiment cru à une erreur informatique. » Cette demandeuse d’emploi de 34 ans, journaliste, n’a pas compris en recevant, le 10 novembre dernier, un courrier d’une agence ANPE différente de celle où elle se rend, l’enjoignant à participer à une réunion d’information sur le métier d’officier de police. A sa surprise, une conseillère lui a demandé au téléphone de justifier son absence par écrit, pour ne pas être radiée des listes de demandeurs d’emploi. Selon Le Canard enchaîné, tous les titulaires d’une licence ont reçu cette « invitation ». De l’avis de beaucoup, ces vexations font partie du quotidien des chercheurs d’emploi. Une webmestre de 39 ans raconte son calvaire pendant un mois pour récupérer des allocations supprimées parce qu’elle avait déménagé en cours de formation. « J’ai eu dix interlocuteurs au téléphone qui m’ont donné des informations contradictoires. Il a fallu que j’envoie une lettre recommandée pour débloquer la situation. » Personne ne l’avait prévenue qu’il fallait garder son ancienne adresse, elle l’a finalement appris en consultant sa nouvelle antenne Assedic. Inscrit à l’ANPE depuis un an, un attaché commercial n’a reçu que trois ou quatre offres d’emplois, sans rapport avec son profil, et mal rémunérées. Il s’est déplacé deux fois pour rien à son agence pour obtenir un rendez-vous. Trois semaines plus tard, le conseiller, enfin disponible, l’expédie avec une demande incomplète de bilan de compétences, le contraignant à une quatrième visite. « C’est comme si les chômeurs n’avaient rien d’autre à faire. On a parfois l’impression d’être jugé, mal considéré plutôt qu’aidé », regrette-t-il. Une chef d’entreprise de 38 ans raconte qu’un agent des Assedic lui a refusé ses droits, avant qu’un autre n’accepte, au vu de son dossier. Et chaque mois, la révision de ses allocations lui a valu des complications : papiers à fournir, retards de paiement. Peu après, l’assurance-chômage lui a réclamé le remboursement partiel de sommes indûment versées. Ceci alors qu’elle avait signalé en vain l’erreur, trois mois plus tôt. Exaspérée, elle a demandé sa radiation. La promptitude des Assedic a confirmé ses soupçons. « C’est ce qu’ils voulaient. Ils mènent une véritable entreprise de dissuasion. » Angeline Benoit
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