Une caissière dans un hypermarché de la commune de Lieusaint (Seine-et-Marne) en 2008. 
 
Une caissière dans un hypermarché de la commune de Lieusaint (Seine-et-Marne) en 2008.   - VALINCO/SIPA

EMPLOI Le socialiste Manuel Valls veut pourtant aller plus loin...

L’année 2011 a commencé avec la désormais traditionnelle pique contre les 35 heures. Mais l’auteur de l’attaque est pour le moins inattendu. Il ne s’agit pas du président de la République, d’un ministre ou élu de la majorité mais du candidat aux primaires socialistes, Manuel Valls.
 
Le maire d’Evry a appelé dimanche à «déverrouiller les 35 heures». Ce qui a déjà été largement entrepris par les gouvernements de droite depuis onze ans, comme l'a lui-même précisé Manuel Valls.

Lois Aubry de 2000

Le dispositif actuel est bien différent des lois Aubry votées en 2000. Ces dernières faisaient reculer la durée du travail hebdomadaire de 39 à 35 heures. A partir de ce seuil, l’employé passait en heure supplémentaire dans une limite de 130 heures par an. Les salariés avaient aussi toujours la possibilité de travailler 39 heures par semaine, les 4 heures supplémentaires se transformant en RTT.   
 
La réforme voulait permettre la création d’emplois grâce à une logique de partage du temps de travail. Mais pour l’opposition d’alors, elle n’était qu’une gabegie financière qui pesait sur la compétitivité française.

>> Les 35 heures, un débat plus idéologique qu’économique: retrouvez le décryptage de 20minutes.fr

Contourner le dispositif
 
Honni par tous depuis onze ans, aucun gouvernement de droite n’a cependant abrogé le dispositif par crainte de s’attirer les foudres de l’opinion publique. La majorité a donc préféré contourner la mesure.
 
Le premier objectif a été de faciliter le recours aux heures supplémentaires. Leur plafond annuel a été relevé de 130 heures à 220 heures en 2004. La loi du 31 mars 2005 a même permis aux entreprises d'aller au-delà de cette limite si un accord était trouvé avec le salarié.

Deuxième mesure: encourager les salariés à faire des heures sup’ et les rendre les moins coûteuses possibles pour l’employeur. La fameuse loi Tepa d'août 2007 a ainsi prévu des incitations financières et des exonérations fiscales. Le gouvernement a ensuite instauré l’année suivante la possibilité de racheter ses jours de RTT.

Débat clos

La loi de 2008 sur le dialogue social a enfin permis aux employeurs de déroger à la durée de travail hebdomadaire de 35 heures  par un simple accord d'entreprise.
 
Et pour le gouvernement, le débat est clos. Face à la demande du secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé, de relancer la réflexion autour des 35 heures, le ministre du Travail Xavier Bertrand a dit «niet», dans une interview au journal La Croix publiée fin décembre.
 
Hors de question pour lui de demander «aux salariés de travailler davantage en étant payés autant ou moins» ou de revenir sur les allégements de charges pour les entreprises. Au moins en tout cas jusqu'aux élections présidentielles de 2012.

Mots-clés :