Bordeaux: la filière du vin prend le taureau par les cornes face à la crise

Lutte contre la contrefaçon, contrôle de qualité sur le marché ...

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Lutte contre la contrefaçon, contrôle de qualité sur le marché du vrac, accompagnement des exploitations: la filière viticole bordelaise prend le taureau par les cornes pour redorer l'image des vins de Bordeaux dans le monde et soutenir ses viticulteurs en difficulté.

Alors que nombre de viticulteurs des appellations les moins prestigieuses du Bordelais se débattent pour arriver à joindre les deux bouts, le Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB) annonce les premières mesures de son plan de relance économique, près de quatre mois après son lancement.

"La situation extrêmement difficile que traverse notre filière rend plus que jamais nécessaire notre action à son service", a déclaré Georges Haushalter, président du CIVB, en évoquant lundi en assemblée générale le plan "Bordeaux Demain".

Ce plan de 36 mois, présenté à l'automne 2009 à la suite de l'effondrement de la commercialisation des vins de Bordeaux et mis en route depuis septembre, veut "remettre sur pied la filière", a déclaré à l'AFP Roland Feredj, directeur général du CIVB.

Le préfet de région Dominique Schmitt s'est dit aussi "persuadé de l'impérieuse nécessité de réussir ce plan pour permettre à la viticulture girondine de sortir grandie des difficultés qu'elle traverse".

"C'est une goutte d'eau par rapport au contexte", a admis M. Feredj, soulignant avoir été "pris entre le moyen-long terme de la crise et le court terme du désarroi des gens".

Récemment secouée par la fronde de viticulteurs la jugeant inefficace face à la crise, l'instance officielle privilégie, pour sortir de la crise, le développement de la consommation des vins de Bordeaux dans le monde et le soutien des exploitations viticoles.

Parmi les premières mesures mises en place, "un audit, appellation par appellation, voire exploitation par exploitation". "On vérifie si les exploitations sont dans le modèle gagnant et sinon, on les accompagne pour redevenir rentables", explique Christophe Chateau, directeur de la communication du CIVB.

Une stratégie de lutte contre la contrefaçon tente aussi de protéger les propriétés bordelaises. "Bordeaux est très en retard pour se protéger soi-même", a déclaré M. Feredj à ses pairs. Le CIVB a recensé une centaine de cas de contentieux dans le monde, a-t-il dit, citant Château Lafite-Rothschild. Il a encouragé les viticulteurs à faire figurer la mention "Bordeaux" sur les étiquettes sinon "on ne pourra pas défendre les 57 appellations de la même façon".

"Inscrivez-vous sur Smart Bordeaux", a-t-il aussi préconisé, en référence à la seule base de données à l'échelle d'un vignoble entier accessible sur smartphone et internet, que le CIVB vient de lancer.

Des bars à vin dédiés au bordelais ouvriront dans les grandes capitales du monde, avec pour objectif de promouvoir la consommation des vins de Bordeaux.

Autre mesure phare: réguler le marché du vrac pour limiter la volatilité des prix. Il s'agit de renforcer les contrôles de qualité chez les vignerons ou les négociants pratiquant des prix anormalement bas pour éviter que cela n'entraîne une déprime des cours.

"Tout n'avance pas aussi vite que ce qu'il serait souhaitable", a regretté M. Haushalter, alors que les deux tiers des mesures du plan seront entrées en vigueur mi-2011. Et le redressement des exportations des vins de Bordeaux en octobre 2010 (+10% en volume, +7% en valeur) ne doit pas "faire relâcher nos efforts", a-t-il alerté.

"Quand vous subissez une opération de chirurgie industrielle, on ne se remet pas du jour au lendemain", a renchéri M. Feredj, "on n'a pas de recette miracle" mais, conclut-il "le nerf de la guerre c'est la reprise économique".

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