En pleine turbulence de la zone euro, le «manifeste des économistes atterrés» a déjà récolté 2.780 signatures. Lancé par quatre économistes, il dénonce la gestion de la crise européenne et préconise plus de solidarité entre Etats membres et moins de pouvoir pour les marchés.

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Deux solutions

Dans un communiqué, ces économistes qui veulent débattre des choix de politique économique pris après la crise et remettre en cause «le pouvoir de la finance», proposent deux stratégies, qui permettraient d'éviter selon eux, un éclatement de la zone euro.

La première consisterait à «garantir la dette publique» des pays de la zone euro et à ramener les taux d'intérêt des pays du sud au niveau des pays du nord, vers 3%.

Elle s'articulerait autour de plusieurs mesures, par exemple laisser les Etats se financer directement auprès de la Banque centrale européenne (BCE) à bas taux d'intérêt pour «desserrer le carcan des marchés financiers», ou faire en sorte que les pays de la zone se portent «garants de la dette de chacun des Etats».

Quatre «économistes atterrés»

Il s'agirait encore d' «abaisser les taux d’intérêt exorbitants des titres émis par les pays en difficulté depuis la crise», «faire assumer les pertes des banques en faillite par leurs créanciers» ou «mettre en place en Europe un prélèvement exceptionnel sur les grosses fortunes».

Seconde stratégie envisagée: «réduire immédiatement les dettes publiques», en faisant «payer ceux qui ont bénéficié des bulles financières et immobilières».

Quatre chercheurs sont à l'origine du «manifeste des économistes atterrés»: Philippe Askenazy (CNRS), Thomas Coutrot (co-président d’Attac), André Orléan (Ehess) et Henri Sterdyniak (OFCE). Depuis sa publication mi-septembre, il a recueilli 2.780 signatures d'économistes, universitaires, ou citoyens, le plus souvent étiquetés à gauche.

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