Le budget 2011 de l’Union européenne est dans l’impasse. Les négociations engagées à Bruxelles entre Etats membres et députés européens ont échoué lundi soir.
Au risque de faire plonger les finances communautaires dans la crise et d'entraver le fonctionnement du nouveau Service d'action extérieure de l'UE.
Il s’agit du premier revers du genre pour l'UE depuis 1988. En clair, cela signifie que les dépenses communautaires pour 2011 seront maintenues au même niveau que l’année dernière.
L'échec s'est noué autour d'une demande des parlementaires. Ces derniers réclamaient des garanties sur le financement futur de l'UE ainsi qu'une déclaration qui aurait clarifié le rôle du Parlement européen dans le processus de planification financière du bloc communautaire.
La demande a été rejetée par un groupe de pays emmenés par la Grande-Bretagne.
«Je regrette qu'un petit nombre d'Etats membres aient fermé la porte à un accord sur le budget 2011», a souligné le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, à l'expiration du délai fixé aux négociations, lundi à minuit.
Les discussions budgétaires étaient particulièrement tendues cette année alors que nombre d'Etats membres ont mis en place des plans de rigueur au niveau national.
Au cours des négociations, le Parlement avait accepté de renoncer à son appel à une progression de 6,2% des ressources budgétaires de l'UE. Il s'était aussi rallié à la fourchette maximale acceptée par les Etats membres, soit une hausse de 2,9% des 123 milliards d'euros du budget 2010.
Mais une source diplomatique expliquait lundi soir que la Grande-Bretagne, la Suède et les Pays-Bas ont refusé de discuter des demandes du Parlement qui «n'avaient pour la plupart d'entre elles rien à voir avec le budget de l'année prochaine».
L'échec pourrait remettre en question le financement de certains projets ou programmes européens, à commencer par le Service d'action extérieure, lancé officiellement cet été.
Il préfigure aussi des débats sur les perspectives financières de l'Europe pour la période 2014-2020.