Après Hermès mercredi, c’est au tour du dirigeant de LVMH de dégainer dans la presse ce jeudi. Dans un entretien au journal Le Figaro, Bernard Arnault explique être entré dans le capital de son concurrent «pour le long terme».
Mais il continue d’affirmer que sa présence «ne présente aucun risque pour la société ni pour son contrôle familial».
LVMH n’a ainsi nullement l’intention de revendre sa prise de participation de 17,1% comme lui ont demandé la veille les dirigeants d’Hermès, détenu à 73% par la famille du fondateur. Ces derniers considèrent que cette arrivée surprise est inamicale.
«Cette opération est pourtant tout à fait pacifique. (…) Nous ne réclamons rien en matière de représentation au conseil de surveillance. Ce qui est hostile, c'est plutôt d'exiger de nous, par voie de presse, de vendre nos actions», a répondu Bernard Arnault.
Hermès n’a cependant pas confiance dans les objectifs poursuivis par LVMH. Et les dirigeants s’interrogent sur la manière dont cette prise de participation a pu avoir lieu. «Il existe une réglementation boursière qui a notamment pour objet de protéger les actionnaires minoritaires. Or un groupe est capable de prendre, via des produits financiers, 17 %, soit les deux tiers du flottant, sans signaler aucun franchissement de seuil. On ne peut que s'interroger», relevait mercredi l’un des dirigeants du groupe Patrick Thomas.
Selon les dispositions légales, une déclaration de franchissement de seuil est obligatoire auprès de l'Autorité des marchés financiers (AMF) dès qu'une société ou une personne acquiert 5% du capital d'une entreprise. Mais aucune déclaration de ce type n’a jusqu’ici été faite auprès de l'AMF. L’AMF a annoncé la semaine dernière qu’elle allait vérifier la régularité de cette entrée fracassante.
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«Nous avons respecté intégralement la réglementation. Nous avons consulté à ce sujet les plus grands spécialistes du droit boursier et nous sommes absolument certains de la régularité de ce que nous avons fait», assure de son côté Bernard Arnault.