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Publié le 28 juillet 2011.

SOCIAL - Les arguments diffèrent...

Depuis une semaine, lycéens et étudiants ont rejoint les cortèges pour protester contre la réforme des retraites.
 
Au-delà d’une mobilisation de solidarité ou de ras-le-bol général, ils dénoncent un projet de loi qui les pénalise directement. Nicolas Sarkozy souligne au contraire que ce texte prépare leur avenir.

Les jeunes n’auront pas à payer pour leurs aînés

Selon le gouvernement, la réforme doit éviter de reporter sur les jeunes l’effort pour financer les retraites en le partageant entre tous les actifs.
 
«Tout dépend cependant de quels jeunes on parle», explique à 20minutes.fr Gérard Cornilleau, économiste à l’OFCE. «La réforme ne changera rien pour les 17-20 ans d’aujourd’hui. Ils vont commencer à travailler dans environ cinq ans et le projet de loi n’assure le financement du système que jusqu’en 2018. Leur charge pour financer les retraites sera au mieux allégée pendant quelques années», analyse-t-il. 

Le taux de chômage des jeunes va augmenter

C’est le principal argument des syndicats lycéens et étudiants: le recul de l’âge de départ à la retraite va peser sur le taux de chômage des 18-25 ans. Car si les seniors restent en poste plus longtemps, les jeunes qui arrivent sur le marché du travail auront plus de mal à en trouver.
 
Mais «l’emploi n’est pas un stock fixe, les postes ne sont pas interchangeables, il n’y a rien de mécanique. On vient justement de décerner le prix Nobel à des économistes qui ont démontré qu’il pouvait y avoir la fois du chômage et une offre d’emplois abondante. Tout dépend de l’offre et de la demande», explique à 20minutes Elie Cohen, directeur de recherche au CNRS.
 
Le passage de 60 à 62 ans pourrait cependant avoir un impact à la marge. «Si la reprise reste molle, les entrants sur le marché du travail vont en payer le prix. Quand le gouvernement avait encouragé les gens à partir en prétraites, cela avait créé un appel d’air et permis une moindre dégradation du chômage des jeunes», analyse Eric Heyer, économiste à l’OFCE. 

Les jeunes vont devoir travailler jusqu’à 67 ans

La réforme prévoit de reporter de 65 à 67 ans l’âge où le salarié peut obtenir sa retraite à taux plein, au prorata de son nombre d’années de cotisations, sans devoir payer de pénalités.
 
Les salariés qui ont des carrières fragmentées, comme les femmes, ou ceux qui mettent du temps à trouver un emploi stable, comme les jeunes, seront directement concernés.
 
Avec l'allongement des études et les difficultés d'insertion dans la vie professionnelle, ces derniers commencent à cotiser de plus en plus tard. Et la réforme de 2003 a augmenté la durée de cotisations à 41,5 ans en 2020, contre 40 auparavant. Les jeunes seront donc mécaniquement plus nombreux à devoir attendre 67 ans pour partir à la retraite.

Elsa Meyer
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