Nicolas sarkozy lâche du lest aux parents

retraites Le Président a fait de légères concessions hier avant la manifestation de mardi

gilles wallon

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Pour la CFDT, « le vrai critère, ce n'est pas le nombre d'enfants, c'est la précarité ».

Pour la CFDT, « le vrai critère, ce n'est pas le nombre d'enfants, c'est la précarité ». — B. LEVY / SIPA

Le Président a dû se dépêcher. Pour annoncer des concessions sur les retraites, Nicolas Sarkozy voulait attendre mardi soir, après la journée de manifestations programmée par les syndicats. Mais une grève reconductible s'annonce dans les transports. Alors, en vitesse, il a lâché du lest hier matin. Dans la foulée, son ministre du Travail, Eric Woerth, a déposé des amendements en ce sens au Sénat.

Un public très restreint
Les concessions touchent un public sensible. Mais très restreint : les parents de plus de trois enfants, nés entre 1951 et 1955. Plus précisément ceux d'entre eux qui se sont arrêtés de travailler au moins un an, dans les trois ans qui ont suivi la naissance d'un enfant.
Pour eux, le passage de l'âge de la retraite à taux plein restera bloqué à 65 ans (67 pour les autres). La mesure, qui ne s'applique que pour cinq ans, pourrait toucher 130 000 personnes, selon le ministère du Travail. Les parents d'un enfant lourdement handicapé, eux, garderont la retraite à 65 ans « de façon pérenne. »
Ces mesures vont-elles calmer les ardeurs des syndicats ? Rien n'est moins sûr. « C'est très nettement insuffisant, estime Jean-Louis Malys, de la CFDT. Et ça ne touche pas forcément ceux qui en ont le plus besoin. Le vrai critère, ce n'est pas le nombre d'enfants, c'est la précarité. »
Surtout, la majorité n'entend pas bouger sur le cœur de la réforme : le recul des bornes d'âge à 62 et 67 ans. « Là-dessus, les salariés sont clairs : ils n'en veulent pas ! », martèle Eric Aubin, de la CGT. Au fond, pas de changement. La journée de mardi sera décisive pour les deux camps.

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