La santé coûte-t-elle de plus en plus cher aux Français?

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Publié le 4 octobre 2010.

SANTE - 65 ans après sa création, plusieurs voix dénoncent un désengagement de la Sécu...

Le 4 octobre 1945, une ordonnance du gouvernement provisoire de la République française créait la Sécurité sociale. Soixante-cinq ans après, les critiques se multiplient contre sa branche maladie.

Même si le gouvernement affirme le contraire, les Français ont l’impression de mettre de plus en plus la main au porte-monnaie pour se soigner. Et les discussions autour du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2011 ravivent les débats. 

2,5 milliards d’euros d’économies

Le gouvernement a prévu 2,5 milliards d’économies l’année prochaine pour combler le déficit abyssal de la Sécu. 

Entre la baisse des remboursements des médicaments à vignette bleue ou la hausse des franchises médicales, les associations de patients et les syndicats critiquent un désengagement de l’Etat sur l’assurance maladie.

Plaintes «infondées»

Mais la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, l’assure: ces plaintes sont infondées.

«Le reste à charge (ce que les patients déboursent après intervention de la Sécurité sociale et des complémentaires) a diminué en 2009 pour s'établir à 9,4% contre 9,5% en 2008», a-t-elle fait valoir la semaine dernière.

Double réalité

Ces chiffres cachent cependant une double réalité car tout dépend de quelle dépense de santé l’on parle.

Les soins à l’hôpital et les affectations de longue durée (ALD) restent très bien prises en charge en France, à hauteur de 90 et 100%. Mais «ce n'est pas le cas pour les soins courants», a expliqué à l’AFP Didier Tabuteau, directeur de la chaire «Santé» à Sciences Po.

10% de la population concentre ainsi 60% des remboursements, selon les chiffres de l’assurance maladie. Pour les soins les plus classiques, 55% des dépenses seraient prises en charge, selon Didier Tabuteau.

Le reste est financé en grande partie par les complémentaires santés pour les 93% de Français qui en possèdent une.

Hausse des tarifs des complémentaires

Mais ces dernières sont de plus en plus chères. «Quand une personne consacrait 407 euros à se soigner en 2001, elle devait y consacrer 618 euros sept ans plus tard», a calculé l’association de consommateurs UFC-Que choisir, dans un communiqué du 29 septembre dernier. 

Et «avoir une complémentaire, cela ne veut rien dire», pour Didier Tabuteau. «Il y a une très grande inégalité entre le salarié qui a une très bonne complémentaire qui rembourse bien parce qu'il est dans une grande entreprise ou qu'il a les moyens, et le Smicard qui prend la moins chère», a-t-il expliqué.

Elsa Meyer
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