Le vol de câbles de cuivre a atteint une « ampleur phénoménale », selon Guillaume Pepy, le président de la SNCF.
Le vol de câbles de cuivre a atteint une « ampleur phénoménale », selon Guillaume Pepy, le président de la SNCF. - B. CHIBANE / SIPA

Sncf Les câbles du réseau ferré sont une cible privilégiée des trafiquants

La SNCF est en train d'apprendre, à ses dépens, qu'elle est assise sur un véritable trésor. Ses dizaines de milliers de kilomètres de câbles de cuivre, le long des 33 000 kilomètres de lignes de Réseau ferré de France (RFF), attisent les convoitises. « Chaque jour nous déplorons entre six et dix vols de câbles de plusieurs centaines de mètres », a annoncé ce week-end à Forges-les-Eaux (Seine-Maritime) le président de la SNCF, Guillaume Pepy, qui évoque des vols d'une « ampleur phénoménale » ces derniers mois. Cette explosion serait due à « l'envolée des cours des matières premières », explique Pierre Izard, directeur général de l'infrastructure à la SNCF. « La proportion des vols est corrélée, à quinze jours près, aux variations des cours du cuivre. » Les trafiquants le revendraient ensuite « à des ferrailleurs », assure la SNCF.

Des drones pour surveiller les lignes
Pour l'entreprise, la facture s'élève à « plusieurs dizaines de millions d'euros ». « Mais le véritable problème n'est pas là, s'emporte Guillaume Pepy. Ce phénomène est en train de saper la qualité de service, à un moment où nous nous inquiétons déjà de la capacité du réseau à supporter l'ambition que nous portons sur les trains de la vie quotidienne, et où nous réclamons un plan d'urgence de deux milliards d'euros sur le réseau RER. » Il faut généralement plusieurs heures avant d'identifier l'endroit exact où s'est produit le vol. Autant de temps pendant lequel les trains sont immobilisés ou retardés. « Il y a quelques mois, il nous a fallu une journée et demie pour remettre en service le réseau après un vol à Maisons-Alfort (Val-de-Marne). Un millier de trains ont été touchés. »
Avec RFF, la SNCF est en train de plancher sur des solutions de prévention. « Nous réfléchissons à marquer les câbles avec des dispositifs GSM », assure Guillaume Pepy. La SNCF pourrait aussi faire survoler une partie du réseau par de petits drones, mais n'a pas encore chiffré le coût de ces investissements.

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