Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a affirmé mercredi sur France Inter, à la veille d'une journée d'action intersyndicale, que le gouvernement était «en plein doute» sur la réforme des retraites. «Donc, il faut qu'on soit nombreux dans la rue» jeudi, a-t-il renchéri.
«Alors qu'il nous disait avant les premières manifestations qu'on ne pouvait rien changer, il a commencé à bouger à la marge après les manifestations du 7 (septembre, NDLR)», a poursuivi le numéro un de la CFDT.
«Et là, en plus de changer sur les carrières longues, la pénibilité, les polypensionnés, on dit maintenant qu'il peut y avoir des ouvertures sur le problème des femmes qui se sont arrêtées (de travailler, NDLR), sur les seniors qui sont au chômage, sur les handicapés», a poursuivi le leader syndical.
Pour François Chérèque, cela montre que «c'est toute la réforme» du gouvernement «qui est mauvaise». «A force de dire qu'on peut changer sur tout, il faut tout changer. Donc, il faut discuter d'une autre réforme», a-t-il ajouté.
Selon lui, la journée d'action de jeudi montrera qu'«on est encore à un très haut niveau de mobilisation». «Demain sera encore une grande journée de mobilisation populaire», a-t-il ajouté.
Il s'est dit convaincu que «le gouvernement ne pourra pas rester dans (la) position» qui est la sienne à l’heure actuelle. «On prendra tout ce qu'on obtiendra par ce mouvement, la CFDT a toujours eu une démarche pragmatique», a-t-il déclaré.
Par ailleurs, dans un entretien au Parisien/Aujourd'hui en France, François Chérèque reproche au gouvernement de faire «du rafistolage sur tout».
«La journée de jeudi doit être suffisamment forte, autour de deux millions de manifestants, pour obtenir de nouvelles ouvertures», a-t-il dit.
Demandant une nouvelle fois à l'exécutif de «revoir sa copie sur le fond», c'est-à-dire «les fameuses bornes d'âge» (62 et 67 ans), le numéro un de la CFDT a prévenu que les salariés «n'en resteront pas là» si le gouvernement «reste sourd».
«Nous sommes dans un mouvement durable. La CFDT ne se désolidarisera pas de l'intersyndicale», a-t-il assuré, tout en souhaitant l'organisation d'une nouvelle journée «un week-end, pour ne pas pénaliser financièrement les salariés».