Comité d'entreprise d'EDF: Une institution «livrée à elle-même» et «sapée par les gaspillages»

RAPPORT Trois ans après, la Cour des comptes fait un nouveau bilan peu flatteur...

C. F. avec AFP

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Des journalistes patientent, le 27 avril 2004 à Montreuil, devant l'un  des neuf sites liés à la Caisse centrale d'activités sociales (CCAS),  dans le cadre d'une enquête sur  des malversations financières présumées au comité d'entreprise d'EDF.

Des journalistes patientent, le 27 avril 2004 à Montreuil, devant l'un des neuf sites liés à la Caisse centrale d'activités sociales (CCAS), dans le cadre d'une enquête sur des malversations financières présumées au comité d'entreprise d'EDF. — AFP PHOTO ERIC FEFERBERG

Le CE d’EDF de nouveau dans le collimateur. Dans un pré-rapport, la Cour des comptes fait le bilan, trois ans après une première enquête qui avait mis en cause le fonctionnement et la gestion de la Caisse centrale des activités sociales (CCAS), pilotée par la CGT. Et le constat est sévère, selon Les Echos datés de ce mardi.

Ce pré-rapport offre «juste la description clinique d'une institution livrée à elle-même, sapée par les gaspillages et les dysfonctionnements en tout genre», écrit le quotidien.

1% des ventes de gaz et d'électricité

Au centre des critiques, le système de financement de la CCAS. Cette dernière touche chaque année 1% des ventes de gaz et d'électricité. Un prélèvement qui s'est accru mécaniquement de 100 millions d'euros au cours des dix dernières années, sous l'effet des hausses des prix de l'énergie, calculent Les Echos.

En 2010, le budget s’élève ainsi à 470 millions, essentiellement pour financer les cantines, les centres de vacances et les loisirs de près de 700.000 électriciens-gaziers et de leurs familles.

Pourtant, «le CE d'EDF a essuyé l'an dernier un déficit de 32 millions», avance le quotidien, et selon un membre du CCAS cité, «fin 2010, le déficit sera proche de 70 millions».

Une réforme mise en place

En 2007, la Cour des comptes avait déjà mis en cause une gestion peu rigoureuse (absence de documents comptables consolidés, coûts de fonctionnement excessifs, irrégularité des comptes de l'Institut de formation, etc.), ainsi que des inégalités dans les prestations sociales dont le coût de revient était jugé trop élevé.

Une réforme visant à simplifier l'organisation a été mise en place mais, selon Les Echos, elle n'a pas conduit à une baisse des effectifs, qui sont même passés de 3.541 à 3.929 en 2009. Les sages de la rue Cambon s'inquiètent aussi du montant des études et conseils (22 millions d'euros entre 2007 et 2009) pour accompagner cette réforme. Le pré-rapport interroge aussi le financement et l'utilisation d'un fonds du «comité de coordination», la structure chargée de répartir le produit du 1% entre la Caisse centrale et ses différentes antennes décentralisées.

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