«Bricolage», «fin de non recevoir», «insuffisant»: sans surprise, les aménagements de la réforme des retraites annoncés mercredi par Nicolas Sarkozy n’ont pas convaincu syndicats et opposition.
Ils estiment au contraire qu’ils devraient relancer la mobilisation, au lendemain d’une forte journée de manifestation.
Le chef de l’Etat a annoncé mercredi qu’il souhaitait des amendements au projet de loi sur les questions notamment de pénibilité et de carrières longues.
Il a par exemple proposé d'abaisser de 20 à 10% le taux d'incapacité de travail requis pour pouvoir partir à la retraite à 60 ans en cas d’emploi jugé pénible.
>> Pourquoi ça coince sur la pénibilité? Retrouvez ici les explications de 20minutes.fr
Mais contrairement à ce que réclamaient l’opposition et les syndicats, Nicolas Sarkozy est resté ferme sur le recul de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans d’ici à 2018.
«C'est une fin de non recevoir qu'a opposée le président de la République aux demandes des Français qui étaient très nombreux hier (mardi) dans la rue», a critiqué Marisol Touraine, députée d'Indre-et-Loire chargée du dossier des retraites au PS, sur France Info. «On nous propose quelques aménagements dont on ne connaît pas le contenu exact, ce qui d'ailleurs est quand même assez insultant», s’est-elle indignée.
Du côté des syndicats, les réactions sont identiques. Ces annonces «ressemblent à du bricolage», a estimé la CFDT dans un communiqué, et «ne règlent pas les problèmes de fond de la réforme». L’organisation syndicale déplore notamment que le gouvernement continue de confondre pénibilité et incapacité.
Pour le syndicat autonome Unsa, les amendements proposés par Nicolas Sarkozy restent «nettement insuffisants». «Si le président de la République et le gouvernement veulent vraiment que le conflit s’apaise, ils doivent faire des concessions sur les mesures qui sont au cœur du projet: les mesures d’âge», a-t-il expliqué dans un communiqué.
Ils devraient «aussi revenir sur l’équilibre financier du projet et faire participer de façon plus conséquente les hauts revenus et les revenus du capital au financement de notre système de retraite», selon le document.
Opposition et syndicats ne sont donc pas prêts d’en rester là. Ces premières annonces présidentielles «vont plutôt stimuler les organisations syndicales pour que le mouvement de protestation s'amplifie», a ainsi expliqué le patron des députés socialistes Jean-Marc Ayrault, devant l'Association des journalistes parlementaires.
«De toute évidence, de nouvelles actions s'imposent», estime de son côté la CFDT.
Cette dernière doit retrouver ce mercredi après-midi les autres organisations syndicales au siège de la CGT à Montreuil pour tenter de se mettre d'accord sur les prochaines étapes de la protestation.