L’ambiance était électrique mardi après-midi à l’Assemblé nationale lors des questions au gouvernement, juste avant l’examen du projet de loi de la réforme des retraites.
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Les députés de l’opposition ont vivement critiqué le texte tandis que des milliers de Français manifestaient au même moment dans l’Hexagone.
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Le président du groupe socialiste, Jean-Marc Ayrault, a ouvert les hostilités. «J’accuse le gouvernement de ne pas avoir joué sincèrement le jeu de la négociation avec les syndicats et les partis d’opposition. Dans aucun pays la réforme des retraites n’a été conduite sur une période aussi courte et avec aussi peu de dialogue social».
La député PS en charge des questions de retraites, Marisol Touraine, n’a pas non plus mâché ses mots en qualifiant le gouvernement «d’autiste». La séance a même dû être suspendue quelques minutes quand le groupe communiste est descendu apporter au ministre du Travail, Eric Woerth, des milliers de signatures de leur pétition contre la réforme.
L’opposition dénonce notamment le recul de l’âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans d’ici à 2018. Elle critique aussi une réforme injuste qui fait peser l’effort financier à 95% sur les salariés et à 5% sur les revenus du capital.
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Mais le gouvernement est resté droit dans ses bottes. Le Premier ministre, François Fillon, et Eric Woerth ont encore une fois martelé que cette réforme était «juste». Et que le passage de 60 à 62 ans était la réponse à un problème démographique.
«Tous les gouvernements en Europe font la même analyse sur la retraite: il faut à un moment prolonger l'âge du travail car l'âge de la vie est également prolongé», a expliqué le ministre du Travail.
Sur cette question, le gouvernement sera donc intransigeant. Mais Eric Woerth a rappelé que certains points, comme la pénibilité ou les carrières longues, étaient encore négociables. Des amendements seront proposés dans les jours qui viennent pour améliorer le projet de loi actuel.