Les Britanniques vont-ils devoir passer à la caisse? Le débat n’est pas nouveau. Mais en cette période de rigueur budgétaire en Europe, il revient sur le devant de la scène.
Le commissaire européen au Budget, Janusz Lewandowski, a remis en cause la ristourne accordée à la Grande-Bretagne il y a plus de 15 ans, sur sa contribution au budget de l'UE.
«Le rabais pour la Grande-Bretagne a perdu sa justification originelle», a-t-il déclaré au quotidien allemand Handelsblatt dans une interview publiée ce lundi.
Ce « chèque britannique» a été obtenu en 1984 par Margaret Thatcher, alors Premier ministre britannique, auteur de la célèbre phrase: «I want my money back» («Je veux qu'on me rende mon argent»).
Le rabais a déjà été réduit. De six milliards d’euros en 2009, il devrait être de trois milliards d’euros cette année, écrit le quotidien économique.
A l'origine, cette réduction prenait en compte le fait que l’agriculture britannique profitait moins des aides de la politique agricole commune (PAC) que dans d’autres pays européens, comme la France notamment. Or, à l’époque, les trois quarts du budget de l’UE étaient consacrés à la PAC. Margaret Thatcher avait aussi expliqué que son pays était moins riche que l’Allemagne ou la France.
Mais la situation a depuis bien changé. «Le PIB britannique a augmenté de manière très importante depuis 1984 tandis que la part de l'agriculture a diminué de manière constante depuis vingt ans», a expliqué le commissaire européen.
Les aides de la PAC doivent aussi être réduites «dans le budget 2020 par rapport à aujourd'hui, pour libérer plus de moyens pour la recherche, le développement et les ambitions globales» de l'UE, a-t-il précisé.
Ce dernier s'attend à des discussions difficiles avec les Etats membres sur la réforme du budget. Un débat empoisonné s'annonce en septembre sur les moyens de compenser une réduction des contributions nationales par de nouvelles recettes. Janusz Lewandowski est pour sa part favorable à des coupes dans les dépenses pour l'agriculture. Nicolas Sarkozy a déjà prévenu qu'il était prêt à «une crise en Europe» pour empêcher le «démantèlement» de la PAC.
Bruxelles a aussi évoqué l’idée d’un impôt européen. Mais l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni y sont formellement opposés.