Tous les jours, 4.000 milliards de dollars sont échangés sur les marchés internationaux des devises. Des sommes astronomiques, supérieures au PIB annuel allemand.
Et ces transactions sont en pleine expansion: elles ont augmenté de 20% entre 2007 et 2010, selon le rapport triennal de la Banque des règlements internationaux (BRI) publié mercredi.
Engouement du marché
L’engouement pour le marché mondial des changes n’est pas nouveau. Il est de loin le marché le plus important. Mais les transactions se sont intensifiées depuis la crise économique et financière.
Selon le rapport, les investisseurs cherchent tout d’abord de plus en plus à diversifier leurs avoirs dans un environnement incertain. D’autres acteurs sont aussi venus s’implanter sur ce marché. Les grandes banques privées, opérateurs traditionnels, ne sont désormais plus les maîtres de ces transactions.
Elles sont dépassées par d’autres institutions financières comme les fonds spéculatifs ou les fonds de pension mais surtout les banques centrales.
«Compte tenu de la croissance spectaculaire des réserves mondiales de change ces dernières années, on peut supposer que les banques centrales des pays émergents ont été un moteur majeur», explique Simon Derrick, analyste chez BNY Mellon.
Les réserves de devises mondiales étaient ainsi 54% de fois plus élevées fin 2009 que fin 2006, selon le Fonds monétaire international (FMI). La Chine en détenait à elle seule environ 30%.
Le dollar américain reste la monnaie dominante. Il est utilisé dans 84,9% des transactions quotidiennes. Mais la part du billet vert s’effrite: les investisseurs, là encore, refusent de tout miser sur une seule monnaie.
L'euro et le yen ont ainsi progressé ces dernières années pour atteindre respectivement 39,1% et 19% des échanges, selon la BRI.
Et la croissance de ce marché et des sommes gigantesques qui y circulent ne concerne pas seulement les acteurs financiers. Les gouvernements s’y intéressent aussi de très près.
A la recherche de nouvelles ressources pour financer l’aide au développement des pays pauvres, certains souhaitent taxer ces transactions de devises.
Soixante pays, dont la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, le Japon, le Brésil ou le Sénégal, vont ainsi proposer l’idée lors du sommet des Objectifs millénaires de l'ONU à New York fin septembre.
Avec un taux à 0,005%, cette taxe s’appliquerait aux transactions entre les banques sur les opérations de change et serait collectée au niveau international. Elle pourrait rapporter entre 30 et 40 milliards d’euros par an.