«Notre tâche la plus urgente est aujourd'hui de rétablir notre économie», a déclaré mardi soir Barack Obama dans son discours à la nation.
Car même si la crise est officiellement terminée, les Etats-Unis sont loin d’être sortis d’affaire. Et quand l’activité américaine marque le pas, l’Europe et la France sont directement touchées.
Beaucoup d'indicateurs économiques sont au rouge outre-Atlantique.
L'activité dans le secteur manufacturier en août a certes enregistré une performance meilleure que prévue, selon des informations publiées mercredi.
Mais la croissance a nettement ralenti au deuxième trimestre 2010. Le PIB n’a augmenté que de 1,6% sur un an, en baisse de 0,8% par rapport à la première estimation.
Le taux de chômage, de son côté, continue de stagner à un peu moins de 10%.
Fin du plan de relance
Les Etats-Unis devaient pourtant être l’un des moteurs de la relance économique mondiale. L’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) prévoyait une croissance de 3,2% pour 2010 et 2011.
Mais le pays «subit le contrecoup de la fin du plan de relance. La demande privée est incapable de prendre le relais car les Américains sont très endettés et leur pouvoir d’achat limité à cause du marché de l’emploi. Ils épargnent donc au lieu de consommer», explique à 20minutes.fr Jacques Le Cacheux, directeur du département des études de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).
Une mauvaise nouvelle pour les Etats-Unis mais aussi pour l’Europe et la France, très dépendantes de l’économie américaine.
De Paris, à Francfort, en passant par Londres, les indices boursiers font d’ailleurs grise mine. Car la plupart des grands groupes européens sont des multinationales qui réalisent une partie de leur activité et de leurs bénéfices outre-Atlantique.
La mauvaise santé américaine fait aussi craindre un recul, à moyen terme, de l’activité sur le Vieux continent.
«Il y a un effet d’entraînement sur les exportations. En tant que première économie mondiale, les Etats-Unis sont l’un de nos plus gros débouchés. Et en Europe, surtout en Allemagne, les exportations sont un moteur de croissance très important», explique Jacques Le Cacheux.
Les perspectives sont pourtant déjà pessimistes. La Banque centrale européenne (BCE) prévoit une hausse du PIB de 1% cette année dans la zone euro et de 1,2% en 2011.
«Si l’activité aux Etats-Unis est en plus moins dynamique, ces chiffres pourraient être revus à la baisse», analyse l’économiste.
Les pays européens attendent donc avec impatience les annonces de Barack Obama pour relancer la machine. Mais à deux mois d'élections législatives périlleuses pour son parti démocrate, le statu-quo devrait être de mise.