Continental a été condamné lundi par le conseil des prud'hommes de Rambouillet (Yvelines) pour avoir licencié 29 salariés de son site des Yvelines, a-t-on appris auprès de l'avocat des salariés.
«Les juges ont estimé que leurs licenciements ne reposaient pas sur des causes réelles et sérieuses et leur a accordé entre six mois et un an de salaires de dommages et intérêts», a déclaré à l'AFP Me David Métin. «Les juges ont reconnu que Continental n'a pas tenté de reclasser ces salariés dans le groupe», a-t-il ajouté.
Neuf salariés ont cependant été déboutés de leur demande car «le conseil a jugé qu'ils étaient partis volontairement», a précisé Me Métin. Il conteste cependant cette décision et envisage de faire appel.
Selon une porte-parole de la direction, Véronique Heucat, le conseil des prud'hommes «a reconnu la validité du motif économique des licenciements prononcés» mais il a estimé que «Continental aurait pu faire encore mieux en terme de reclassement».
17 des 29 salariés ont obtenu le «minimum légal», soit six mois de salaire, a-t-elle ajouté la porte-parole. Elle a souligné que les salariés avaient par ailleurs perçu au minimum 30.000 euros d'indemnités de licenciement.
En mars et septembre 2009, 38 salariés avaient été licenciés dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi prévoyant la suppression de 382 postes sur le site de Rambouillet. Ce dernier fabriquait des radios et des systèmes de navigation pour l'automobile mais la production a été délocalisée en Tunisie.
Ces employés, qui avaient parfois jusqu'à 29 ans d'ancienneté, réclamaient de deux à cinq ans de salaires au titre des dommages et intérêts.
Une porte-parole de la direction, Véronique Heucat, avait souligné à l'issue de l'audience en mai dernier qu'«avec l'usine tandem en Tunisie, 382 postes sont supprimés, c'est le côté douloureux de ce dossier, mais 500 autres ont été sauvés au centre de recherche et développement de Rambouillet».