Le texte n’est pas figé. C’est en tout cas l’image que souhaite donner le gouvernement.
Nicolas Sarkozy a donné son accord de principe pour que des amendements au projet de loi sur la réforme des retraites soient présentés lors de son examen à l'Assemblée nationale, notamment sur la prise en compte de la pénibilité, a indiqué jeudi l'Elysée.
Le président de la République a reçu jeudi en fin de journée le Premier ministre François Fillon et les ministres du Travail et du Budget, Eric Woerth et François Baroin, pour une réunion de travail sur la réforme des retraites. Le projet arrive le 7 septembre sur la table des députés.
Eric Woerth a fait part au chef de l'Etat «de ses échanges avec les partenaires sociaux et a présenté l'état d'avancement de ses travaux pour notamment une meilleure prise en compte de la pénibilité», poursuit le texte.
Dans un courrier aux dirigeants syndicaux mardi dernier, le ministre du Travail s'était déjà dit prêt à recevoir les syndicats s'ils le souhaitaient pour d'ultimes réunions sur la réforme avant le début du débat parlementaire.
Il avait notamment indiqué que trois sujets pourraient faire l’objet d’amendements: la prise en compte de la pénibilité, des carrières longues et de la situation des polypensionnés. Il s'agit des trois dossiers sur lesquels Nicolas Sarkozy avait accepté de discuter avec les syndicats.
Sur la question du recul de l’âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans d’ici à 2018, la réforme n’est en revanche pas négociable pour le gouvernement. Mais c’est pourtant ce point précis qui provoque la colère des syndicats.
Pour Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, le président de la République «s'efforçe de sortir de petits extincteurs» car il est «fébrile» avant la grande journée de mobilisation intersyndicale le 7 septembre prochain.
Preuve en est selon le leader cégétiste: cette réunion de jeudi sur les retraites qui n’était pas inscrite à l'agenda.
«Ô surprise, on nous annonce que le président de la République a fait une réunion impromptue (...), laissant entendre qu'il y aurait des amendements sur le dossier de la pénibilité : donc, on n'est pas au bout de cette affaire», a commenté Bernard Thibault.