Le leader mondial des sociétés de centre d’appels, Teleperformance, quitte peu à peu son pays d’origine. Il prévoit la fermeture d’une partie de ses sites dans l’Hexagone d’ici à décembre. Le syndicat Sud a appelé les salariés à faire grève alors que se tient ce mercredi un comité central d’entreprise.
Teleperformance avait annoncé le 1er juillet dernier un plan de restructuration qui prévoyait 830 suppressions de postes et la fermeture de 8 de ses 22 sites.
Finalement, «on a présenté ce matin (mecredi) au comité central d'entreprise un plan de restructuration révisé par rapport au premier plan de début juillet, on a revu à la baisse le nombre d'emplois supprimés avec 689», a déclaré à l'AFP, Pascal Morvan, directeur général de Teleperformance France.
Le groupe conservera 14 sites en France sur les 22 actuels: Belfort, Bordeaux, Guyancourt (Yvelines), Laval, Lyon, Le Mans, Montpellier, Niort, Orléans, Paris, Reims, Toulouse et deux établissements à Villeneuve-d'Ascq (Nord).
Pour justifier ce plan de restructuration, Teleperformance met en avant une année 2009 marquée par 36 millions d'euros de perte en France, soit plus de 12% du chiffre d’affaires.
Mais les organisations syndicales ne l’entendent pas de cette oreille. Le syndicat Sud appelle à la mobilisation mercredi dans les centres concernés par le plan social ainsi que devant chez les donneurs d’ordres comme SFR, Orange ou Bouygues Telecom, explique-t-il dans un communiqué.
Selon Sud, «Teleperformance veut faire payer son "modèle économique" aux salariés français avec la complicité bienveillante des donneurs d’ordre, juste pour sauvegarder la compétitivité du groupe côté à la bourse de Paris qui fait encore 88 millions de bénéfices en 2009».
Car si l’année 2009 a été mauvaise en France, le groupe s’en est plutôt bien sorti au niveau international. Présent dans une cinquantaine de pays, il a réalisé un chiffre d'affaires de 1,85 milliard d'euros, en hausse de 3,5% sur un an.
«En France comme à l'étranger, ce sont toujours les mêmes pratiques: Teleperformance rachète des entreprises pour récupérer des contrats et marchés, puis les démanteler», dénonce le syndicat.
Le numéro un mondial des centres d'appels externes a d’ailleurs annoncé mardi l'acquisition de la société écossaise beCogent. L’objectif est de se renforcer sur le marché britannique.
beCogent emploie quelque 3.000 salariés et devrait réaliser un chiffre d'affaires de 60 millions d'euros environ en 2010, selon un communiqué de Teleperformance. Le groupe n’a cependant pas souhaité révélé le montant de l’acquisition.