La croissance ne fait toujours pas de miracles mais la reprise s’accélère. Le PIB français a augmenté de 0,6% au deuxième trimestre 2010, a annoncé vendredi la ministre de l'Economie, Christine Lagarde.
«+0,6%, c'est-à-dire trois fois mieux qu'au premier trimestre puisque l'Insee a légèrement révisé la croissance du premier trimestre» à 0,2%, après 0,1% annoncé auparavant, s'est-elle sur Europe 1.
«D'une part nous avons un redressement au niveau de la consommation des ménages et puis surtout (...) la reprise de l'investissement des entreprises», a expliqué Christine Lagarde, avant même la publication officielle des chiffres par l'Insee. L'Institut a cependant confirmé ces chiffres dans un communiqué.
Preuve de ce léger mieux: l'emploi salarié a augmenté de 0,2%, avec 35.000 créations nettes de postes au deuxième trimestre, a annoncé la ministre. Ces créations se répartissent «essentiellement entre le secteur tertiaire» et une «reprise de l'intérim», a expliqué Christine Lagarde, même si «on a toujours un peu de destruction d'emploi industriel».
Entre le deuxième trimestre 2009 et le deuxième trimestre 2010, la France a cependant encore subi des destructions nettes d'emplois (-0,2%, soit -26.800 emplois) mais à un rythme ralenti comparé aux trimestres précédents, selon les estimations de l'Insee publiées ce vendredi.
Pour 2010, le gouvernement table sur une croissance de 1,4% après une année de récession. Pour ce faire, le pays doit enregistrer une hausse minimale du PIB de 0,2% au 3ème et 4ème trimestre, a précisé Christine Lagarde.
La ministre de l’Economie a cependant refusé de revoir à la baisse les prévisions pour 2011. A 2,5%, elles sont jugées bien trop optimistes par nombre d’économistes ainsi que par la Commission européenne et le Fonds monétaire international. Mais une révision n'est «pas l'actualité du jour» a tranché Christine Lagarde.
La reprise française reste cependant fragile. Par comparaison, l’Allemagne vient d’annoncer une hausse de 2,2% de son PIB au deuxième trimestre, par rapport au premier. Il s’agit de la plus forte augmentation depuis la Réunification en 1990.