La Ligue 1 de football reprend samedi soir. Mais en coulisses, un autre match se prépare. Deux mois après l’ouverture du marché des jeux en ligne, les opérateurs attendent beaucoup de cet événement sportif. Car le marché est encore loin d’être la manne financière qu’ils escomptaient.
Le 8 juin dernier, la France a officiellement ouvert son marché des paris sportifs, hippiques et du poker sur Internet. Jusque là sous monopole de la Français des jeux (FDJ), les paris en ligne sur les 380 rencontres de la nouvelle saison de L1 va voir s'affronter sept des douze opérateurs agréés.
Et l’enjeu est de taille. Selon différentes études, les paris sur le football représentent 70% des paris sportifs sur le marché français, évalué à plus d'un milliard d'euros pour 2011. Les sept opérateurs comptent donc sur la reprise du championnat pour augmenter un chiffre d‘affaires qui n’est pas monté en flèche ces deux derniers mois.
L’ouverture du marché a pourtant était un succès, sous l’impulsion de la Coupe du monde de football. Les paris sportifs en ligne ont enregistré 130 millions d’euros de mises à fin juillet, selon le président de l'Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel), Jean-François Vilotte, interviewé par 20minutes.fr.
Même si la comparaison est difficile, la FDJ, alors seul opérateur légal, avait réalisé 43 millions d'euros de chiffres d’affaires pour l’ensemble de l’année dernière.
«Le marché des paris sportifs sur Internet était estimé à 1 milliard d’euro en 2009, offre légale et illégale comprise. Nous voyons donc que la demande n’a pas explosé. Il y aurait plutôt eu un report des joueurs vers les sites légaux», analyse Jean-François Vilotte.
Chez les opérateurs aussi, la prudence reste de mise. «C’est un départ très satisfaisant. Un joueur sur deux est venu parier sur notre site. Tout cela reste cependant à confirmer dans les mois qui viennent», explique à 20minues.fr Nicolas Béraud, fondateur du site BetClic et directeur Général de Mangas Gaming.
Les opérateurs semblent de toute manière avoir fait le deuil d’un jackpot financier sur les paris en ligne: la fiscalité est selon eux trop lourde à porter. «Nous ne pouvons pas vraiment nous faire beaucoup d’argent. Sur 100 euros de revenus, l’Etat nous en prend 60», argumente Nicolas Béraud.
Mais l’objectif du gouvernement, avec l’ouverture du marché, n’était pas de faire exploser la demande. «Nous voulions encadrer l’offre et combattre les sites illégaux mais sûrement pas multiplier le chiffre d‘affaires des opérateurs. Et vu le nombre de sites qui ont voulu obtenir un agrément, la fiscalité ne semble pas les avoir beaucoup dissuadés», conclut le président de l’Arjel.