Les étiquettes barrées affichant fièrement des -70% disparaissent ce mardi des rayons. Les soldes d’été se terminent, excepté en Provence Alpes Côte-d’Azur et en Corse.
Si le bilan est positif pour le gouvernement, le cru 2010 a en revanche un goût amer pour les professionnels du secteur.
Les chiffres définitifs seront connus mardi soir. Mais pour le secrétaire d'Etat au Commerce, Hervé Novelli, ces soldes auront été globalement satisfaisantes, a-t-il explique lundi sur RTL.
Il a cependant reconnu que la consommation ne se portait pas au mieux. «Les Français font très attention en ce moment à leurs dépenses» et les minorent «sur un certain nombre de postes». Un comportement qu’ont bien observé les commerçants.
62,5% d’entre eux se déclarent moyennement satisfaits de ces derniers soldes, selon une enquête publiée par la Fédération du commerce associé (FCA), fédérant des réseaux de points de vente (magasins, agences, hôtels),
Le président exécutif de la Fédération des Enseignes de l'Habillement, Jean-Marc Génis, a indiqué mardi sur Europe 1 que le bilan était «beaucoup moins satisfaisant» que le laissait penser le secrétaire d'Etat au Commerce. «On sait que c'est parti très rapidement les deux premières semaines, jusqu'au moment des vacances, des grandes migrations du 14 juillet et après, ça c'est beaucoup, beaucoup calmé», a-t-il poursuivi.
La météo favorable du début du mois de juillet et la proximité des vacances ont d’abord dopé les ventes. Aux Galeries Lafayette à Paris, elles étaient en hausse de 10% par rapport au premier jour des soldes 2009.
Lors des deux premières semaines, toujours cruciales, les ventes d'articles d'habillement ont augmenté de 3 à 5% comparées à la même période de 2009, selon l'Institut français de la mode (IFM).
Mais ce départ sur les chapeaux de roue ne semble pas avoir tenu ses promesses sur la durée. Pour les professionnels, cette mauvaise performance est avant tout à mettre sur le compte de la date de début des soldes 2010.
La plupart des commerçants regrette que ces dernières aient commencé le 30 juin, soit trois jours seulement avant le début des vacances scolaires. L’année dernière, le coup d’envoi avait été donné le 25 juin.
Autre raison de ce bilan mitigé selon eux: l’existence de soldes flottantes toute l’année. «Quand on fait des soldes de milieu de saison, qu'est ce que ça veut dire? Ca n'a pas de signification pour le consommateur», a ainsi critiqué Jean-Marc Génis.
«Avec la multiplication des soldes flottants, des promotions, des soldes privés, des ventes sur Internet, (...) les périodes de soldes classiques ne fonctionnent plus correctement», a expliqué de son côté à l'AFP François-Marie Grau, délégué général de la fédération française du prêt-à-porter féminin.
Il appelle d’ailleurs à une modification de la réglementation pour que ces soldes flottantes soient organisées à des dates fixes au niveau national. Un changement qui permettrait, selon lui, de retrouver «cet engouement pour les périodes de soldes» traditionnelles.