Après plusieurs mois de crise autour de la situation budgétaire en Grèce, la zone euro semble voir le bout du tunnel. Plusieurs indices laissent présager d’une embellie économique.
L'indice de confiance des chefs d'entreprise et des consommateurs a tout d’abord atteint en juillet son plus haut niveau depuis 27 mois, à 101,3 points, selon des données publiées jeudi par la Commission européenne.
Le regain de confiance en Allemagne (+4 points) a «fortement influencé» les résultats européens, précise Bruxelles. La France affiche la deuxième meilleure performance, avec une hausse de 2,6 points.
Les consommateurs, comme les entrepreneurs, sont ainsi beaucoup moins inquiets qu’il y a quelques mois sur l’évolution de la situation économique en Europe.
La deuxième bonne nouvelle pour la zone euro vient aussi de l’autre côté du Rhin. Pour le treizième mois consécutif, le taux de chômage allemand a continué de baisser. Il s’établit désormais à 7,6% de la population active, soit le même niveau qu’il y a 18 ans.
Du côté des marchés financiers, le succès des tests de résistance des banques européennes, publiés vendredi, a provoqué l’accalmie.
Au printemps dernier, la panique s’était emparée des investisseurs, inquiets de la capacité de certains pays, comme la Grèce, l’Espagne ou le Portugal, à rembourser leurs dettes.
Mais les craintes se dissipent peu à peu. Preuve en est: l’euro a franchi jeudi le seuil de 1,31 dollar pour la première fois depuis le début du mois de mai. Il avait alors atteint son plus bas niveau en quatre ans, à 1,22 dollar.
«La reprise de la zone euro est en route», se félicite Clemente De Lucia, économiste chez BNP Paribas, interrogée par l’AFPA. Il s'attend à «une accélération au deuxième trimestre» où la croissance pourrait, selon lui, atteindre 0,6% à 0,7% après un maigre 0,2% sur les trois premiers mois de l'année.
Les économistes restent cependant prudents. Les plans de rigueur adoptés un peu partout en Europe pour assainir les finances publiques vont peser sur la reprise.
«L'activité va probablement ralentir durant le dernier trimestre de l'année», prévient ainsi Clemente De Lucia. «La croissance mondiale, qui a soutenu la forte reprise dans le secteur manufacturier, perd de la vitesse, et l'austérité budgétaire risque de peser significativement sur la demande intérieure», estime-t-il
Le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, pronostique de son côté «plusieurs années de croissance faible» en Europe. Il s’attend à une petite hausse du PIB de 1% cette année, contre 3,3% aux Etats-Unis et 10,5% en Chine.