C’est doté de son titre de coprince d'Andorre que Nicolas Sarkozy est venu saluer ce jeudi les «progrès» de la principauté pour sortir de la liste des paradis fiscaux, après avoir menacé l'an dernier d'abdiquer.
Son «Excellence» Nicolas Sarkozy a saisi l'occasion de cette première visite depuis 2007 pour tourner la page d'une période orageuse qu'il avait ouverte en exigeant de la principauté de faire le nécessaire afin de ne plus apparaître comme un paradis fiscal, l'un de ses principaux combats sur la scène internationale.
«La transparence n'est pas contraire à l'identité andorrane. Les progrès que vous avez réalisés sont considérables», a-t-il déclaré devant le Conseil général, le Parlement andorran, se proclamant à nouveau «fier» de son titre princier.
«La compétitivité fiscale, personne ne peut vous le reprocher, la fraude fiscale c'est autre chose», a ajouté Nicolas Sarkozy qui a insisté: «Est-ce qu'on peut construire quelque chose de sérieux sur l'opacité, sur la fraude, sur la bulle spéculative? (...) Un jour, on est rattrapé par la réalité et qui paye? C'est le peuple».
Un message qu'il a répété devant quelque 2.000 Andorrans sur la Place du Peuple, dans le centre historique d'Andorre-la-Vieille, sans attirer la foule malgré la fermeture des commerces imposée par les autorités locales.
Le président du Parlement andorran, Josep Dallerès, a reconnu que l'«intervention» musclée du coprince dans les affaires d'Andorre, pays souverain depuis l'instauration d'une Constitution en 1993, avait «irrité» tout en estimant qu'elle «fut une manière de nous faire réagir».
En septembre dernier, les 28 députés andorrans ont ainsi voté une loi instaurant la levée partielle du secret bancaire et ont signé des accords d'échanges d'informations fiscales avec plusieurs pays dont la France. Ce qui a valu à la principauté d'être retirée, en février, de la liste grise des paradis fiscaux de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
«J'engage Andorre à poursuivre ses efforts», a dit le chef de l’Etat français alors que la principauté, qui n'a pas d'impôts directs et quasiment pas de taxes, prévoit pour cette année l'adoption d'une réforme fiscale respectueuse des normes européennes. La France pourrait, en contrepartie, signer une convention bilatérale évitant les doubles impositions.
Nicolas Sarkozy, qui est resté deux heures et demie sur place, a achevé sa visite en début d’après-midi, faisant l'impasse sur les six autres «paroisses» andorranes, les régions administratives de la principauté.