Les déboires de l’EPR continuent. EDF devrait annoncer vendredi un report de la date de démarrage de son réacteur nucléaire de troisième génération et une hausse du coût du chantier dans sa centrale de Flamanville (Manche).
«Ils vont annoncer un coût de 5 milliards d'euros et un retard de deux ans» pour le démarrage, fixé déformais à 2014, a indiqué à l’AFP une source syndicale, qui a souhaité garder l'anonymat.
Le coût du chantier de l’EPR était au départ fixé à 3,3 milliards d'euros. Il avait déjà été réévalué à 4 milliards d'euros en décembre 2008 en raison notamment de la hausse des cours des matières premières.
«Je pense qu'ils sont en dessous de la réalité, que le coût du chantier est plutôt de 6 milliards d'euros, ce qui n'est pas aberrant pour une première construction», a ajouté cette source syndicale.
La nouvelle n’est pas une surprise. Depuis plusieurs mois, la presse annonce un report de la date de démarrage et une hausse de la facture finale.
Mais EDF, qui publie ses résultats vendredi matin, n'a pas souhaité confirmer l’information. Une porte-parole a seulement rappelé à l'AFP qu' «un certain nombre d'études »étaient en cours «pour évaluer la situation et ses conséquences».
Cette annonce intervient alors que l’avenir de l’EPR est au centre de toutes les interrogations.
Publié mardi par l’Elysée, le rapport de l’ancien patron d’EDF, François Roussely, estime que sa «crédibilité (...) et la capacité de l’industrie nucléaire française à réussir de nouvelles constructions de centrales ont été sérieusement ébranlées par les difficultés rencontrées sur le chantier finlandais d’Olkiluoto et sur celui de la troisième tranche de Flamanville».
Mené par le groupe Areva, le chantier de l'EPR en Finlande accuse déjà 4 ans de retard sur son calendrier initial.
Le rapport propose donc un plan d’urgence pour garantir la construction du réacteur dans la centrale de la Manche. Plus globalement, il conseille également d’optimiser l’EPR pour le simplifier et le rendre moins cher.