La popularité du livret d’épargne ne se dément pas. L’Observatoire de l’épargne réglementée a publié mercredi son premier rapport pour évaluer l’impact de la généralisation de la distribution du livret A à toutes les banques, le 1er janvier 2009.
A la fin de l’année dernière, 91% des Français détenaient ainsi un livret d’épargne réglementée.
Le nombre de Livrets A et bleus s'est établi à 59,9 millions et leurs encours à 183,4 milliards d'euros, soit une hausse de 11%, a indiqué mercredi devant la presse, Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France et président de l'Observatoire.
Sur ce montant, les distributeurs historiques (Caisses d'épargne, La Banque Postale et Crédit Mutuel) se sont taillés la part du lion. Ils ont collecté 153 milliards d'euros contre 30,3 milliards d’euros (18%) pour les nouvelles banques autorisées à le faire depuis plus d’un an.
Si le livret A est très répandu au sein de la population, il est souvent crédité de très petites sommes. Plus de la moitié d’entre eux ne dépassaient pas les 150 euros au 31 décembre 2009, selon ce rapport.
Le placement préféré des Français devrait cependant connaître un nouveau regain d’attractivité dans les mois qui viennent. Au 1er août prochain, son taux de rémunération va passer de 1,25 à 1,75%, alors qu’il avait été gelé depuis un an.
La réforme mise en place en 2009 prévoyait également de lutter contre les «abus» des livrets d'épargne réglementée. Chaque personne ne peut en théorie n’en détenir qu'un seul.
L'épargnant risque des sanctions fiscales qui peuvent aller jusqu'à 2% de l'encours du livret, ainsi que la taxation des intérêts.
La loi oblige désormais la banque à informer un fichier central pour toute nouvelle ouverture de livret. «Le processus est compliqué à mettre en place, cela se fait peu à peu», a cependant indiqué Christian Noyer.